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	<title>Revolutionnaires du numerique &#187; culture numérique</title>
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	<description>Des révolutionnaires inattendus pour une révolution trop annoncée ?</description>
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		<title>80 ans connectés !</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 13:38:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTU]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[80 ans connectés! Un webdocu qui fait sensation puisqu'il annonce tout simplement une nouvelle espèce en voie d'apparition...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.revolutionnairesdunumerique.com/wp-content/uploads/80ansconnectés.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5007" title="80ansconnectés" src="http://www.revolutionnairesdunumerique.com/wp-content/uploads/80ansconnectés.jpg" alt="80ansconnectés" width="200" height="105" /></a></p>
<p><em>80 ans connectés ! Un webdocu qui fait sensation puisqu&#8217;il annonce tout simplement une nouvelle espèce en voie d&#8217;apparition&#8230;<br />
</em></p>
<p><a title="80ans" href="http://80ansconnectes.fr/">Un webreportage de Marine de Saint Seine et Igal Kohen</a> qui regardent avec une certaine empathie quatre super séniors dans leurs usages du Net.</p>
<p>L&#8217;intérêt principal de ce webdocu est d&#8217;avoir associé Notre Temps, Bayard Presse (La Croix), la délégation aux usages de l&#8217;Internet et Proxima Mobile pour trouver des moyens de production et de diffusion, lesquels ont permis de s&#8217;appuyer sur la formidable force de frappe esthétique et d&#8217;influence d&#8217;OWNI, agence qui s&#8217;affirme de plus en plus comme étant la plus influente du web. Plus personne ne pourra désormais ignorer cette tendance que le livre <em>Les vrais révolutionnaires du numérique</em> et le présent blog soulignent depuis leur création : parler du Net en oubliant d&#8217;inclure les &laquo;&nbsp;super séniors&nbsp;&raquo; ou penser l&#8217;usage des seniors uniquement à travers des interfaces réduites sont une profonde méconnaissance du terrain.</p>
<p>Merci à cette initiative d&#8217;insister sur cette vision du numérique prise sur le terrain. Elle invalide de nombreuses réflexions en chambre sur la question qui, avec beaucoup de condescendance, insistaient sur la fracture numérique et l&#8217;inclusion des séniors. Nombre d&#8217;entre eux se sont eux-mêmes inclus dans la société grâce au numérique, l&#8217;exemple de Geriatric 1927 reste le plus exemplaire. Ces séniors font partie des vrais révolutionnaires du numérique, au moins autant que les insurgés de la place Tahrir.</p>
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		<title>Je cherche donc je pense : une hypothèse discutable ?</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Apr 2011 13:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digital natives]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsqu'ils font une recherche sur Internet, les internautes vont au plus simple. 99 % ne changent pas de stratégie de recherche quand bien même ils pourraient obtenir par ce moyen une réponse plus précise...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu&#8217;ils font une recherche sur Internet, les internautes vont au plus simple. Ils se contentent de consulter la liste de résultats donnée par le moteur de recherche (souvent, la première page Google). Ils se raccrochent à la première réponse trouvée sans s&#8217;assurer que ce soit la bonne (ou la plus à jour). S&#8217;ils ne trouvent pas de réponse adéquate, la très grande majorité d&#8217;entre eux (99 %) ne changent pas de stratégie de recherche alors que, bien souvent, ils pourraient arriver à de meilleurs résultats en prenant un autre angle d&#8217;attaque, c&#8217;est-à-dire en réfléchissant à une autre stratégie de recherche, en cherchant un autre biais pour trouver une solution à leur problème. Ils pourraient aussi obtenir des réponses beaucoup plus ciblées en utilisant les fonctionnalités de recherche avancée.</p>
<p>Voilà certaines des observations que Jakob Nielsen, considéré comme l&#8217;un des « gourous » de l’usabilité, publie sur son blog le <a href="http://www.useit.com/alertbox/search-skills.html">11 avril 2011</a>, lesquelles résultent d&#8217;une enquête servant de support à son séminaire &laquo;&nbsp;Fundamental Guidelines for Web Usability&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il semblerait, poursuit-il, que lorsqu&#8217;ils sont confrontés à une résolution de problème, il y ait chez les utilisateurs (et même ceux qui ont un bon niveau d&#8217;éducation et de formation) une certaine faiblesse en termes de réflexion. Comme il le fait remarquer, ils utilisent en fait les moteurs de recherche comme des moteurs de réponses et non comme des outils de recherche.</p>
<p>Morale de l&#8217;histoire ? Dans un premier temps, les développeurs devraient tenir compte de ce phénomène et s&#8217;adapter aux utilisateurs qui n&#8217;ont pas de compétences en recherche d&#8217;information, par exemple en concevant leurs sites d&#8217;information différemment, notamment en ne misant pas sur les fonctionnalités avancées de recherche mais en améliorant au contraire la recherche basique. Sur le long terme, il vaudrait mieux former les utilisateurs, par exemple en enseignant dans les écoles comment maîtriser la recherche sur Internet.</p>
<p>L’observation de Nielsen est juste. Nous pouvons le constater chaque jour. Ainsi, certains enseignants d’école de journalisme s’étonnent que ce phénomène frappe également leurs étudiants (du moins à leur arrivée). Des étudiants pourtant censés chercher l’information pertinente.</p>
<p>Il serait tentant de voir dans l&#8217;absence flagrante de toute stratégie de recherche une simple question de paresse, un manque de curiosité, un manque de temps, un phénomène de société (aller au plus rapide, vivre dans l&#8217;urgence)&#8230; Mais l’interprétation de Nielsen est-elle juste ? Cette absence de stratégie reflète-t-elle un problème d’usabilité, comme il le souligne, ou plutôt un problème de réflexion dans la résolution de problèmes ?</p>
<p>La question pourrait être beaucoup plus complexe et combiner un peu de tout cela, tout en relevant de schémas mentaux, de comportements… S&#8217;il fallait faire un parallèle, on pourrait prendre celui de la conduite automobile. Sur la route, les études montrent que lorsqu’une situation inattendue se produit, presque 90% des automobilistes restent « aspirés » par l’objet de la surprise et n’engagent aucune autre action que l’activation brutale des freins. On sait que, dans ces situations, il n’y a pas de temps accordé à la réflexion : soit la réaction est automatique donc apprise à force d’entraînement et elle sera exécutée dans les temps, soit la réaction nécessite une réflexion et l’accident aura lieu sans que la moindre action efficace n’ait été entamée. Pour enseigner ces « réflexes », il faut s’appuyer sur des savoirs indiscutables et sur une pédagogie appropriée, tout ce qui manque en matière de recherche d’information. Ce n’est pas le point de vue parcellaire de Nielsen qui changera cela : notre rapport à l’information est toujours très immature, quinze ans après le début de la société de l’information.</p>
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		<title>Se cacher sous les yeux de ceux qui veulent nous surveiller</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Feb 2011 09:13:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[L'histoire de Sarah qui recourt à des stratagèmes pour partager des confidences avec ses amis sur Facebook est riche d'enseignements...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’excellent blog &laquo;&nbsp;<a href="http://webtribulation.com/2011/02/21/votre-vie-privee-sur-facebook-apprendre-a-se-cacher-en-pleine-lumiere/">Web tribulation</a>&nbsp;&raquo; reprend et détaille un article de Clive Thomson initialement paru en anglais dans la revue <em>Wired</em>. L’article s’articule autour des confidences sentimentalo-numériques de Sarah. Comme beaucoup d&#8217;adolescents, elle accorde une place centrale aux relations qu&#8217;elle mène avec ses amis sur le réseau social Facebook. Problème, ses parents, un peu inquiets par ce que l&#8217;on entend dire sur Facebook [no comment…NDLR], n&#8217;hésitent pas à la surveiller en lisant son profil quotidiennement. Alors, pour déjouer leur surveillance et pour s&#8217;aménager un jardin privé avec ses amis, Sarah &laquo;&nbsp;hacke&nbsp;&raquo; son langage. En clair, elle utilise une sorte de langage codé pour confier ses sentiments à ses ami (e)s qu&#8217;eux seuls peuvent comprendre. Elle s&#8217;appuie par exemple sur des répliques de films ou des paroles de chanson parfaitement connus et intégrés par ses amis mais qui ne font pas partie de la culture de ses parents et autres observateurs importuns. Résultat, ces derniers passent à côté des états d’âme réels de la jeune fille.<br />
D&#8217;autres adolescents utilisent des stratagèmes plus complexes pour protéger leur intimité. Ils désactivent leur compte Facebook à chaque fois qu&#8217;ils s&#8217;en déconnectent, faisant disparaître ainsi toute trace visible de ce qui a été publié sur leur mur. Leur profil Facebook fonctionne alors comme &laquo;&nbsp;un club privé&nbsp;&raquo; accessible uniquement pendant leurs heures de connexion, ce qui diminue substantiellement les possibilités d’observation par autrui (y compris par leurs parents qui s&#8217;autorisent à consulter leur mur grâce à un statut d’ami quelque peu &laquo;&nbsp;extorqué&nbsp;&raquo;).</p>
<p><strong>Se fondre dans la foule des anonymes pour tromper les contrôles</strong><br />
Mais n’y a-t-il que les adolescents et leurs parents pour jouer au chat et à la souris dans les espaces numériques ? Les dictatures menacées ne cherchent-elles pas à couper le fil pour lutter contre les tentatives d’organisation de la subversion tout en utilisant le même Internet pour essayer d’identifier les meneurs ? Les démocraties ne renforcent-elles pas, de leur côté, leur contrôle de l’Internet sous le prétexte un peu facile de la protection de la propriété artistique (Hadopi) ou de la lutte contre le terrorisme et la pédophilie (Loppsi) ? Il ne faudra pas se dire surpris de l’inefficacité de telles mesures le jour du bilan. L’histoire de Sarah et de ses amis est édifiante et les enseignements à en tirer dépassent de beaucoup la seule relation parent-enfant.</p>
<p>La puissance des outils de communication sur le Net réside dans le fait que les usages se développent au gré des fantaisies et des besoins des individus et des groupes qui les utilisent et se les approprient dans tous les sens du terme (appelons-les communautés en ligne). Comment s’étonner que la première vertu des communautés en ligne soit de tenir à bonne distance les non-membres ? N’est-ce pas le propre de toute communauté ? Les codes sociaux et culturels se développent dans la communauté (en ligne et hors ligne) en vue à la fois de cimenter les liens en interne et d’ériger des remparts de plus en plus infranchissables vis-à-vis de l’extérieur. Ce faisant, les communautés s’excluent toujours davantage les unes des autres. Il serait temps de comprendre que le communautarisme, fut-il virtuel, est tout de même une forme de communautarisme avec ses vices et ses vertus.<br />
Souhaitons bon courage à ceux qui rêvent de se rendre seigneur et maître de l’outil technologique. Le programme Echelon américain n’a-t-il pas réussi son objectif d’écouter toutes les conversations dans le monde (ou presque) tout en laissant libre cours aux attentats du 11 septembre dont de nombreuses conversations préparatoires étaient dans les ordinateurs fédéraux ?<br />
Se cacher sans en avoir l’air n’a-t-il pas toujours été le nec plus ultra de la dissimulation ? Les gens qui se cachent finissent toujours par se faire repérer, d’autant qu’ils sont forcément suspects puisque c’est bien connu, au moins dans l’esprit des censeurs, seuls les gens qui ont quelque chose à cacher cherchent à se dissimuler. Les censeurs recherchent Julian Assange et les Anonymous et délaissent ainsi ceux qui restent en pleine lumière et utilisent la culture pour se dissimuler.</p>
<p><strong>La culture, mère de toutes les subversions ?</strong><br />
La culture est décidemment subversive. Elle l’est d’autant plus que son rôle est ignoré, voire nié par les censeurs. Pourtant, et ce n&#8217;est qu&#8217;un exemple, on sait que tenter d’expliquer les évènements de mai 68 en faisant l’impasse sur le rôle joué par la musique est voué à l’échec. A l&#8217;époque un gigantesque général, un vrai démocrate celui-là, qui ne pouvait cependant pas s&#8217;empêcher de contrôler l&#8217;information ne contrôlait déjà plus la culture et notamment la plus populaire auprès des jeunes : la musique. Le numérique n’est pas seulement une affaire de technologie, de fonctionnalités, de dextérité, de maîtrise&#8230; Ce n&#8217;est pas non plus seulement une affaire d&#8217;information. C’est également, et peut-être surtout, une affaire de culture, de partage de codes, de valeurs, d’aspirations, d’émotions et de représentation du monde, et c’est autrement plus subversif.<br />
Si les révolutions du monde arabe ont, comme on nous le dit &laquo;&nbsp;quelque chose de numérique&nbsp;&raquo;, les historiens auront sûrement avantage à creuser cette piste culturelle plutôt que celle de l’information.</p>
<p><strong>Tous des censeurs</strong><br />
Quand aux espions que nous sommes tous vis-à-vis de nos enfants (sic), il reste à se convaincre que nous, nous le faisons vraiment pour leur bien et que nous parviendrons mieux que les censeurs d’Etat à décrypter les ambivalences de leurs conversations (resic).</p>
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		<title>Si le web 2.0 m’était compté…</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 16:32:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Web collaboratif (2.0)]]></category>
		<category><![CDATA[crowdsourcing]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Grâce au 2.0, les auteurs qui souhaitent être édités ont trouvé un moyen de contourner les éditeurs. Mais la démarche d'auto-publication reste réservée à des marchés de niche et pour le moment ne compte à son actif aucun best-seller…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la plupart des industries de contenu, le monde de l’édition ne se porte pas très bien. En réponse à cette crise, les maisons d’édition se concentrent autant que possible sur les gros coups potentiels (blockbuster) délaissant par le fait les sujets condamnés à générer de petites audiences.<br />
On prête au web communautaire (dit 2.0) la capacité à casser cette machine infernale en offrant aux auteurs de niche (faible audience prévisible) des moyens d’existence. Un article de la revue <em><a title="edition" href="http://www.technologyreview.com/web/26945/?mod=MagOur&amp;a=f">Technology Review</a></em> confirme cette possibilité d’autoproduction en relatant la réussite du projet de Meaghan O&#8217;Connell et Melissa Gira Grant, fermement décidées à publier une anthologie sur le thème des histoires de sexe en dépit d&#8217;une fin de non-recevoir déjà adressée aux deux femmes par des éditeurs.</p>
<p>Elles ont lancé leur projet par l’intermédiaire du site de micro-financement Kickstarter, un site de &laquo;&nbsp;crowd-funding&nbsp;&raquo; qui apporte une aide au lancement de projets en combinant investissement et bienfaisance : les donateurs obtiennent, en effet, quelques avantages en retour de leur don tels que copies des films ou de la musique produite, contact avec les artistes&#8230;</p>
<p><em>Technology Review</em> rappelle que l’histoire de l’autoproduction littéraire répandue au XIXème siècle reposait déjà sur la mobilisation d’un réseau de connaissances (on ne disait pas encore réseaux sociaux à l’époque) pour trouver des sponsors et des donateurs qui, outre le financement assurerait également un certain bouche-à-oreille. Finalement, l’intérêt du web 2.0 serait d’innover en réinventant les pratiques d’hier. Mais cela ne serait pas si mal si de telles pratiques assuraient une diversité littéraire que le libéralisme économique semble ne plus assurer.<br />
L’article, et c’est son grand intérêt, relativise ce succès et surtout lui attribue une dimension très précise dans le monde de l’édition. Si des œuvres significatives du point de vue culturel peuvent émerger là où elles n’auraient pas dû voir le jour, grâce à ce mode de financement de proximité, il faut reconnaître que les records de ventes ne viennent pas et ne viendront sans doute jamais (sauf exception impossible à reproduire) des canaux collaboratifs. Les best-sellers sont en effet le fruit d’un marketing de masse et non d’un travail littéraire. Cet aspect marketing s’élabore en proximité avec les médias de masse. Ce monde fonctionne en circuit fermé.<br />
Si, grâce au 2.0, il est possible de contourner les éditeurs, il faut bien reconnaître qu’il condamne aussi à réussir sans les médias de masse (ce qui éloigne obligatoirement du box office).</p>
<p>La démarche d&#8217;auto-publication reste donc réservée à des marchés de niche (qui n&#8217;intéressent pas les grands éditeurs) ou à des actions ponctuelles. A lire l’article de <em>Technology review</em>, il semblerait donc que le phénomène MyMajorCompany qui a réussi quelques grands succès dans le secteur de la musique (en permettant à des jeunes chanteurs, à l&#8217;exemple de Grégoire, de se produire et de connaître une notoriété et un fort succès) ne puisse pas se reproduire dans le domaine de l’édition.</p>
<p>Peu rentable, énergivore, chronophage, l’autoproduction use les plus résistants même si l’expérience représente une aventure humaine passionnante, notamment pour l&#8217;écrivain.</p>
<p>On pourrait également comprendre avec ce témoignage qui relativise une idée préconçue, les raisons de la difficulté des grandes entreprises à se saisir du 2.0. Le web 2.0 est-il conçu pour les grandes entreprises ou seulement pour les petites entreprises agiles qui se battent pour défendre un point de vue et non une part de marché ?</p>
<p>En quelques mots l’histoire de Grant et O’Connell relatée par<em> Technology Review :</em></p>
<p><em>Pour accompagner leur démarche d&#8217;autopublication et obtenir les fonds nécessaires, Grant et O&#8217;Connell ont mis en ligne sur le site Kickstarter une vidéo présentant des extraits vocaux de l&#8217;ouvrage intitulé &laquo;&nbsp;Coming and Crying&nbsp;&raquo;.  En quelques heures seulement, elles ont réussi à atteindre leur objectif de 3 000 dollars de financement et, six semaines plus tard, elles le dépassaient de 14 242 dollars ! </em></p>
<p><em>Restait cependant à tenir leurs promesses auprès de leurs 651 sponsors. Meaghan O&#8217;Connell et Melissa Gira Grant ont alors appris sur le tas le métier d&#8217;éditeur : concevoir la maquette d&#8217;un ouvrage, imprimer, faire le marketing et diffuser un livre imprimé (la contrainte était qu&#8217;aucun ebook ni aucune version en ligne de l&#8217;ouvrage ne sortent ; cet ouvrage devait offrir aux blogueurs contributeurs l&#8217;opportunité de pouvoir lire leur nom sur une page physique en papier).</em></p>
<p><em>L&#8217;auto-publication n&#8217;a rien de nouveau, la publication en ligne non plus. La publication par souscription connaît des précédents : de nombreux ouvrages à succès du 19<sup>e</sup> siècle ont été d&#8217;abord édités en un petit nombre d&#8217;exemplaires puis présentés à un cercle de souscripteurs. Mais la façon dont Grant et O&#8217;Connell ont publié Coming and Crying via Kickstarter est vraiment sans équivalent. Utilisant leurs réseaux sociaux et de blogging pour susciter l&#8217;intérêt, les auteurs ont offert aux personnes qui visitaient leur page d&#8217;accueil la possibilité de contribuer à différents niveaux, lesquels, en échange, offraient aux donateurs différents degrés d&#8217;accès dans le processus de réalisation du livre. Ainsi, un dollar donnait accès au blog semi-privé autour du livre, quinze dollars garantissaient une copie de l&#8217;ouvrage, les donations supérieures accordaient un accès à des discussions en messagerie instantanée, des lectures privées, des histoires écrites sur mesure. </em></p>
<p><em>Elles ont à ce jour vendu 1 000 exemplaires de leur ouvrage. Cela peut paraître peu, mais il faut savoir que de nombreux romans ou œuvres non romanesques de qualité des grands éditeurs ne sont vendus qu&#8217;à trois à quatre fois plus d&#8217;exemplaires. On peut donc parler de success story. Grant et O&#8217;Connell ont non seulement procuré à un lectorat de niche un ouvrage qu&#8217;il souhaitait de toute évidence mais ont encore contourné toutes les difficultés liées au contexte de l&#8217;industrie du livre.</em></p>
<p><em>Malgré ce beau succès qui a été stimulant pour elles, ces jeunes femmes avouent cependant que la démarche n&#8217;est pas très lucrative et qu&#8217;elles ont renoncé à en faire une activité à plein temps. Elles expliquent aussi qu&#8217;avoir des mécènes peut entrer en contradiction avec une expression sans entrave. Ainsi, malgré cette aventure exaltante sur certains aspects, O&#8217;Connell a pour ambition aujourd&#8217;hui de publier son propre livre mais elle n&#8217;envisage plus de recourir à Kickstarter.</em></p>
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		</item>
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		<title>Comprenons-nous vraiment le numérique?</title>
		<link>http://www.revolutionnairesdunumerique.com/comprenons-nous-vraiment-le-numerique</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Nov 2010 13:17:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous entrons enfin dans l’ère numérique ! Les masses agrégées de données seront bien sûr des gisements à exploiter mais, aujourd'hui, il ne s’agit pas d’information… contrairement à ce que dit le Gartner Group.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.revolutionnairesdunumerique.com/wp-content/uploads/Déluge-de-données-vig.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4724" title="Déluge de données-vig" src="http://www.revolutionnairesdunumerique.com/wp-content/uploads/Déluge-de-données-vig.jpg" alt="Déluge de données-vig" width="129" height="90" /></a></p>
<p>Le Gartner Group vient d’annoncer ses prévisions de croissance pour l’industrie des technologies de l’information à <a href="http://www.cioinsight.com/c/a/IT-Management/Gartner-IT-Outlook-2014-Focus-on-Information-Intelligence-685635/">l’horizon 2014</a>. Quatre technologies tireront la croissance : le cloud computing, le social computing, le context aware computing et le model mining.  Conclusion de l&#8217;analyste en chef du Gartner : « <em>l’information sera le pétrole du 21ème siècle ! </em>». Une « allégation » surprenante qui, de fait, nous renvoie à la fin des années 90, à l’époque de la nouvelle économie où la révolution technologique était supposée faire émerger une société nouvelle, dite de l’information. En fait, nos usages ne démontrent pas tant un appétit d’information qu’une fringale de conversations, voire de bavardages, que d’aucuns jugent évidemment « inutiles », et même nuisibles. Un excellent article <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/10/10/facebook-tisse-sa-toile_1421885_651865.html">du <em>Monde</em></a> consacré à Facebook souligne un point essentiel de cette société numérique : ce que nous aimons faire sur Internet n’a qu’un rapport lointain avec l’information. <strong><br />
</strong>La question qui agite actuellement les esprits n’est pas l’information mais le respect de la vie privée, Facebook y jouant le rôle d’épouvantail. Pour illustrer cette inquiétude, le journaliste du <em>Monde</em> cite Michel Béra, un chercheur français spécialiste du datamining : <em>&laquo;&nbsp;Aujourd&#8217;hui, si un abonné téléphonique quitte son opérateur mobile et refait surface sous un autre nom chez un autre opérateur, on pourra le retrouver en faisant émerger, parmi des millions d&#8217;appels, la trame de ses connexions personnelles&nbsp;&raquo;</em>, le tout sans jamais avoir écouté ni même surveillé les propriétaires de portables. Les analyses sémantique et syntaxique ne sont plus nécessaires pour faire sens, l’étude des liens entre toutes les données suffit pour construire du sens. Cette évolution du web était déjà soulignée en 2009 par les journalistes et consultants O’Reilly et Batelle, dans leur description du nouveau web appelé « web au carré ». <strong><br />
</strong>L’article du <em>Monde</em> explique que « <em>les utilisateurs de Facebook ont de plus en plus de mal à protéger leur intimité </em>». Certes, les intentions de Facebook sont encore bien obscures sur l&#8217;utilisation des données à caractère personnel qu&#8217;il collecte, mais personne ne se plaint de la sécurité des données qui lui sont confiées, pas plus que personne ne s&#8217;émeut vraiment  que près d’un tiers des organismes publics ou privés égarent les données personnelles dont ils disposent (à lire sur le <a href="http://www.esecurityplanet.com/trends/article.php/3904636/Study-Data-Loss-Affects-Nearly-One-Third-of-Enterprises.htm">site eSecurity Planet</a>). A croire que les intentions obscures (donc supposées mauvaises) de Facebook sont plus dangereuses que l’incurie avérée d’une organisation sur trois. Etonnante maîtrise collective des priorités et des enjeux du numérique ?&#8230;<strong> </strong></p>
<p><strong>Des fantasmes qui en disent long sur notre manque d’imagination<br />
</strong>En lien avec les mauvaises intentions prêtées à Facebook, les observateurs ne cessent de s’inquiéter des appétits des publicitaires qui entourent ce réseau social (cf. <em><a href="http://www.businessweek.com/magazine/content/10_40/b4197064860826_page_5.htm">BusinessWeek</a></em>). Il est vrai que 550 millions de clients offerts sur un plateau sont un cadeau qui ne se refuserait pas. Mais Mark Zukerberg est-il suffisamment stupide pour livrer son joyau aux obsessions les plus banales des publicitaires (<em>évaluations de confiance (par les amis), ciblage très personnalisé, massification des prescripteurs…</em>) ? A en croire <em>Business Week</em>, c’est ce qui va arriver ! Une hypothèse peu crédible qui dénote plutôt du manque d’imagination de certains observateurs.<strong><br />
</strong>C’est à <a href="http://itmanagement.earthweb.com/netsys/article.php/11075_3907076_2/How-Facebook-Will-Rule-the-World.htm">Mike Elgan</a>, un journaliste d’une revue informatique (<em>Datamation</em>), que l’on doit une analyse autrement plus originale des opportunités qui s’offrent à Facebook. Pour Elgan, Facebook reste, malgré ses 550 millions de membres, une communauté. Comme toute communauté, elle gère une fonction d’exclusion des « étrangers à la communauté ». Pourquoi Facebook ne vendrait-il pas cette capacité de filtrer les intrusions extérieures non désirées ? Services de filtrage d’email, de filtrage téléphonique… Facebook permettrait de ne recevoir que des sollicitations amicales de personnes préalablement identifiées dans le réseau ou autorisées très spécifiquement. <strong> </strong></p>
<p><strong>Exploiter les gisements de données : nouveau métier, technologies nouvelles…<br />
</strong>L’exploitation intelligente des données va sans doute devenir un point clé de l’innovation des produits et services. Les missions de la Direction des Systèmes d’Information des entreprises devraient donc s’orienter vers une plus grande coopération avec les services de R&amp;D, de marketing ou de SAV… C’est du moins l’avis de la <a href="http://www.cio.com/article/print/618414">revue <em>CIO</em></a>. Elle souligne toutefois que, pour bien remplir ces nouvelles missions, les DSI devront changer profondément leur mode de fonctionnement et leurs compétences. On pourrait même ajouter : et changer de technologies.<strong><br />
</strong><em>Car si l’article du </em><em>Monde </em><em>rappelle que </em><em>&laquo;&nbsp;Facebook est avant tout la plus grande base de données jamais créée sur ce que les gens aiment, font, qui ils connaissent et même où ils se trouvent&nbsp;&raquo;</em>, c’est la revue <em><a href="http://www.informationweek.com/gogreen/092010/index.jhtml;jsessionid=JC10HZUJQ422TQE1GHOSKHWATMY32JVN?cid=article_axxe_os&amp;k=axxe">InformationWeek</a></em> qui précise que Facebook et Twitter s’appuient sur une technologie de base de données alternative, appelée NoSQL (Not Only SQL). Un type de base de données reposant sur un stockage non relationnel des données offrant fiabilité et rapidité dans le traitement d’énormes quantités de données. Fait surprenant : 44% des informaticiens n’ont jamais entendu parler de ces nouvelles bases de données. Autre technologie soulignée par la revue <em><a href="http://www.informationweek.com/news/business_intelligence/analytics/showArticle.jhtml?articleID=227500637">InformationWeek</a></em> pour exploiter les gisements de données, les appliances, ces combinés matériels/logiciels optimisés qui pourraient bien changer la donne dans l&#8217;informatique d&#8217;entreprise. Une technologie taillée pour l’analyse des grands volumes de données,  l&#8217;analyse prédictive, l&#8217;OLTP temps réel, la multiplication des requêtes des professionnels nomades… <strong> </strong></p>
<p><strong>L’ère des sociotechologies<br />
</strong>Nous entrons enfin dans l’ère numérique ! Les masses agrégées de données seront bien sûr des gisements à exploiter mais, à ce stade, il ne s’agit pas d’information… contrairement à ce que dit le Gartner. La rentabilité de leur exploitation dépendra de leur valorisation. On peut penser que les services très personnalisés, très intimes ou très prévenants (pouvant aller jusqu’à anticiper la demande du client) seront des gros consommateurs de ces données. Mais ce type de service haut de gamme ressemble finalement aux services rendus par les bons majordomes d’antan dont les caractéristiques professionnelles étaient la discrétion et la loyauté. A ne percevoir dans Facebook et ses équivalents qu’un « outil de distraction » (à la fois amusant et perturbateur) &#8211; et dont il faut redouter qu’il permette une publicité invasive &#8211; on risque de passer à côté des enjeux du monde nouveau. Monde dans lequel les technologies appliquées au social &#8211; appelons-les &laquo;&nbsp;sociotechnologies&nbsp;&raquo; &#8211; développeront non seulement des services incroyablement utiles (notamment pour occuper notre temps libre) mais également des possibilités d’agir sur nos propres comportements. Ce, pour notre plus grand bien lorsqu’il s’agira de lutter contre des addictions (alcool, tabac…) ou pour notre plus grand malheur lorsqu’il s’agira de nous maintenir dans un processus non désiré de consommation. L’actuelle peur de Facebook, calquée sur la peur d’une surveillance d’état, centralisée, de type Orwellien, ressemble finalement à ce qu’elle est : une peur d’un autre siècle dont on pourrait peut-être se débarrasser.<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>Pour vos données Facebook, la vraie menace ne vient pas forcément des personnes que l&#8217;on croit !</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 15:16:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christophe</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité - vie privée]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment se faire siphonner ses données confidentielles Facebook en suivant les conseils d'un leader d'opinion dans le petit monde des geeks. 
Merci la psychose ambiante entretenue par les journalistes en mal de sensationnalisme. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Eric Dupin, l&#8217;animateur de Presse Citron, &laquo;&nbsp;le blog geek et hightech de référence &laquo;&nbsp;, a signé le <a href="http://www.presse-citron.net/voir-exactement-les-informations-publiques-de-votre-profil-facebook-avec-profilewatch">18 mai 2010 un billet</a> relevant la complexité d&#8217;utilisation de Facebook pour les  internautes non avertis. Il constate que ces néophytes, type &laquo;&nbsp;monsieur Toutlemonde et sa femme madame Michu&nbsp;&raquo;,  ignorent totalement les risques qu&#8217;ils prennent en inscrivant leurs données personnelles sur ce réseau social et semblent même s&#8217;en moquer éperdument. Pour qu&#8217;ils prennent conscience des dangers qui les menacent, Eric Dupin leur propose d&#8217;utiliser un outil baptisé <strong>Profile Watch</strong> (<em>dont nous mettons pas le lien hypertext pour des raisons qui vont devenir évidentes</em>) qui permet d&#8217;établir grâce à une analyse fine des paramètres de leur profil facebook leur véritable niveau de confidentialité, lequel démontre dans la plupart des cas toute la fourberie et la perversité de Facebook car les informations que le grand public – crédule &#8211; croyait protégées, ne le sont en fait pas du tout. Comble du professionnalisme du site, l’analyse du profil abouti à une note : un score de confidentialité.</p>
<p>Eric Dupin va jusqu&#8217;à guider les internautes dans leur première approche du logiciel en leur proposant une traduction française des consignes : d’abord se connecter à Facebook [<em>la plupart des gens demandant de mémoriser leur identifiant + mot de passe de connexion, ils ont de moins en moins  conscience qu'ils sont connectés à  une page protégée par mot de passe - NDLR</em>]. Cliquer sur l’onglet mon profil. Copier l’adresse url [<em>de cette page privée - NDLR</em>] et coller le tout dans le champ prévu à cet effet sur le site Profilewatch.org, un site dont on ne sait rien, dont l&#8217;auteur du post ne dit rien (Quel usage fera ProfilWatch.org de cette adresse url ? Eric Dupin le sait-il seulement ?).  Vous l&#8217;avez compris,  le tour est joué, vous venez de vous faire siphonner les informations privées de votre profil Facebook. La faute en revient-elle exclusivement au réseau social ou bien faut-il aussi montrer du doigt ces journalistes qui entretiennent l’actuelle psychose à propos de Facebook sans rien comprendre à ce qu’ils écrivent, ces pseudo-spécialistes qui conseillent les pires bêtises à leurs lecteurs, se faisant ainsi les supplétifs zélés  des nouveaux « saigneurs » du web, à savoir ces ingénieurs sociaux qui utilisent leurs connaissances de l’humain (peur, incrédulité, ignorance, isolement…) pour se faire ouvrir, en douceur et à moindre frais, les portes qui leur étaient fermées.</p>
<p>Rappelons tout de même que le site Presse Citron est réputé être consulté par 15 000 visiteurs uniques/jour au compteur, pour 1 million de pages vues par mois. A supposer que son lectorat, confiant, suive la démarche qu&#8217;il préconise, ça fait peur pour la sécurité de nos données personnelles !  Et que dire de celles des enfants, poussés par  leurs parents lecteurs de Presse Citron à se « scorer » sur Profilewatch (ou l&#8217;un des sites équivalents qui se répandent). Comme la plupart des gosses &#8211; contrairement à ce qu’affirment les mêmes pseudo-spécialistes &#8211; ne maîtrisent pas vraiment ces technologies, ils risquent fort de céder aux injonctions parentales armées des meilleures intentions. Mais justement l’enfer numérique est pavé des meilleures intentions.</p>
<p>Qu’on soit clair, nous sommes tous susceptibles de nous faire piéger par un bon ingénieur social, ingénieux en diable comme il se doit. Le seul antidote, en être bien conscient et ne pas prendre de trop haut les &laquo;&nbsp;madame Michu&nbsp;&raquo; et leur ignorance crasse de la technologie, enfin et peut-être surtout, prendre avec circonspection et se méfier des bons conseils des geeks et autres utilisateurs intensifs plus enclins à essayer un nouvel outil ou un nouveau site et à le commenter qu’à réfléchir à son utilité et ses conditions d’utilisation paisible.</p>
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		<title>Prison Valley : un enfermement contagieux ?</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 15:31:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[participatif]]></category>

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		<description><![CDATA[Prison Valley : un webdocumentaire passionnant assurément... Comme modèle de webdocumentaire numérique et transmédia, l'un des derniers mots à la mode dans le milieu, on ne peut que rester très perplexe. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les médias classiques ou nouveaux (Twitter notamment) saluent la sortie de Prison Valley (une production Arte qui bénéficie de quelques moyens de réalisation et de promotion) comme une étape déterminante pour le renouveau du documentaire à l’ère du numérique.</p>
<p>Au-delà d’une diffusion classique sur Arte le 12 juin 2010, le documentaire propose <a href="http://prisonvalley.arte.tv/?lang=fr">un site Internet</a> sur lequel l’internaute pourra voir ou revoir des séquences du film (en plusieurs langues) mais où il pourra également approfondir le sujet traité. Il lui sera ainsi possible d&#8217;accéder à des contenus supplémentaires (sur les personnages du film, par exemple) ou encore de participer à des discussions avec d’autres internautes sur les questions soulevées par le film.</p>
<p>Les compléments et l’interactivité proposés sur le site sont également de qualité mais l’activité générale du site semble plutôt faible au regard de l’événement (40 commentaires sur le thème le plus discuté, 25 pour le deuxième). C’est sans doute là que l’on peut s’interroger sur les choix de ce « premier documentaire de l’ère du numérique ».</p>
<p>Le sujet du documentaire : un coin reculé du Colorado (Cañon City) transformé, avec l’assentiment de la population, en industrie pénitentiaire. Pas moins de 13 établissements carcéraux &#8211; dont « Supermax », la nouvelle Alcatraz américaine &#8211; assurent une importante partie des emplois directs et indirects de la ville. Un business qui ignore la crise. Il est en effet difficile de délocaliser ce genre d’activité en Chine. De même qu’il ne semble pas très envisageable, en période de crise, de remettre en liberté les délinquants. Comme on s’en doute, cette production Arte est de grande qualité sur le plan du traitement cinématographique et colle au plus près d’une réalité sociale et psychologique intense. Etrangement (mais est-ce si étrange ?) le sentiment d’enfermement saisit aussi bien ceux qui vivent dedans que ceux qui vivent dehors. Si l’analyse sociale est particulièrement bien croquée avec des personnages bien typés, la réflexion philosophique et politique sous-jacente est moins percutante mais n’ergotons pas : un film captivant !</p>
<p>Mais reste une question : pourquoi avoir choisi de placer la totalité des contenus et des groupes de discussions sur un site fermé ? Les réseaux sociaux Facebook et Twitter sont bien évidemment connus et utilisés par l’équipe de promotion, mais uniquement pour faire de la promotion. Réduire Facebook à la com’ et au buzz ? Un choix étrange que l’activité sur le site semble tout simplement invalider. Une participation des internautes pas à la hauteur de la qualité du contenu, de l’intérêt du sujet… et des moyens de promotion mis en œuvre. Ce choix d’un site riche mais finalement fermé sur lui-même, à l’exclusion de la gestion événementielle, n’est-il pas le fruit du syndrome de l’enfermement si bien démontré par le documentaire ? Si le sort des prisonniers n’est finalement que peu différent de ceux qui les gardent, il en va peut-être de même pour ceux qui les (re)gardent ?</p>
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		<title>Autorité parentale : tous e-responsables ?</title>
		<link>http://www.revolutionnairesdunumerique.com/autorite-parentale-tous-e-responsables</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 10:36:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[effet pervers]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis toujours, les parents sont obligés d'être dans le dos de leurs enfants. Comment cette forme de surveillance, de harcèlement (nagging) évolue-t-elle à l’heure du numérique ? Le SMS pour savoir où sont ses enfants, ce qu’ils font et avec qui, ou pour rappeler quelques consignes : faire les devoirs, tondre la pelouse, ranger la chambre... une nouvelle forme de « communication » qu'il vaudrait mieux maîtriser !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un article du <a title="WP 060909" href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/09/05/AR2009090502809.html"><em>Washington Post</em> en date du 6 septembre 2009</a> nous rappelle que, de tout temps, les parents sont obligés d&#8217;être dans le dos de leurs enfants. Comment cette forme de surveillance, de harcèlement (nagging) évolue-t-elle à l’heure du numérique ? Il semble que de nombreux parents (surtout les mères) s&#8217;adonnent au SMS pour savoir où sont leurs enfants, ce qu’ils font et avec qui, ou pour rappeler quelques consignes : faire les devoirs, tondre la pelouse, ranger la chambre&#8230; une nouvelle forme de « communication » en somme.</p>
<p>L&#8217;article cite l&#8217;exemple d&#8217;une mère qui envoie à Nikki, sa fille de 17 ans, des SMS ne contenant qu&#8217;un seul mot : &laquo;&nbsp;update&nbsp;&raquo; (&nbsp;&raquo;informe-moi&nbsp;&raquo;). Lorsque Nikki répond et que l’information est satisfaisante, sa mère la gratifie d’un SMS lapidaire : &laquo;&nbsp;Roger&nbsp;&raquo; (OK). &laquo;&nbsp;Mes amis me demandent tout le temps, mais qui est Roger ?&nbsp;&raquo;, raconte Nikki. Une autre mère fait passer parfois le ton à l&#8217;aide de majuscules : &laquo;&nbsp;GET HOME&nbsp;&raquo; (rentre à la maison).</p>
<p>La technologie rend ce harcèlement parental moins agaçant car &laquo;&nbsp;les textes sont moins chargés d&#8217;émotion et semblent inspirer moins de résistance, moins d&#8217;air agacé&nbsp;&raquo;, dit une mère. &laquo;&nbsp;C&#8217;est moins pénible pour eux de se le faire dire par texto. C&#8217;est associé à une communication amicale&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Ils n&#8217;entendent pas le reproche&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;L&#8217;essentiel est de mixer gentillesse et rappel à l&#8217;ordre&nbsp;&raquo;, conclut-elle.</p>
<p>Un père (de 52 ans) de 2 enfants doit régulièrement rappeler à sa fille de 17 ans de faire son ménage, et cela par texto, par téléphone et en face à face. Récemment, il a eu une idée qui, il l&#8217;espère, va porter ses fruits : un texto disant &laquo;&nbsp;prend une photo de ta chambre quand tu l&#8217;auras nettoyée et envoie-la moi&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais les parents s&#8217;aperçoivent qu’ils récoltent ce qu&#8217;ils ont semé tant les adolescents sont aptes à leur renvoyer la balle. Pendant les vacances, un fils envoyait ainsi à sa mère le texto suivant : qu&#8217;est-ce qu&#8217;il y a pour le dîner ? Au collège, cela devient : &laquo;&nbsp;m&#8217;man, svp ajoute 100 $ à ma buxx (carte de crédit prépayée)&nbsp;&raquo;. Elle lui répond toujours, aussi n&#8217;a-t-il jamais à lui demander deux fois…</p>
<p>Bien entendu grâce à Facebook et MySpace, les parents en savent également davantage sur la vie sociale de leur progéniture.</p>
<p>On sait que l’exemple donné aux enfants par les parents sur leurs usages de la technologie notamment nomade (Blackberry…), est loin d’être exclusivement positif et constructif. Voilà une parfaite démonstration d’utilisation de la technologie par des adultes que personne n’a formés. Ils inculquent à leurs enfants, sans grande précaution, validation ou réflexion, un rapport au numérique assez peu mature.</p>
<p>Pour ceux qui s’interrogent sur comment enseigner les enjeux du numérique aux enfants, il ne faut pas oublier de prendre en compte ou sous-estimer les leçons apprises de papa et maman, cette génération sacrifiée d’autodidactes… qui a appris sur le tas, sans prise de recul ou d’analyse critique de leurs propres pratiques.</p>
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