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	<title>Revolutionnaires du numerique &#187; BONUS et Actualités</title>
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	<description>Des révolutionnaires inattendus pour une révolution trop annoncée ?</description>
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		<title>Après un compte Paypal, ouvrez un compte papal ?</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 10:14:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Les institutions courent après la révolution numérique mais la comprennent-elles vraiment ? L'inscription récente du Pape sur Twitter confirme que la nature profondément participative et collaborative de cette révolution n'est pas encore assimilée par tous....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Benoît XVI vient d&#8217;envoyer son premier message sur Twitter depuis un iPad, nous annonce <a title="Pape" href="http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20110629trib000633040/le-premier-tweet-papal-.html"><em>la Tribune</em> du 29 juin 2011</a>, avant de préciser que le Pape a déjà plus de 5 000 abonnés</strong><strong> mais qu&#8217;en revanche, il ne suit personne &#8211; pas même un membre du clergé.</strong></p>
<p>Les institutions courent après la révolution numérique mais la comprennent-elles vraiment ? Saisissent-elles la nature profondément participative et collaborative de cette révolution ? Le livre « <em>Les vrais révolutionnaires du numérique</em> » montre que, si la société dans son ensemble se saisit de cette transformation profonde de la communication, les institutions sont quant à elles à la traîne. Par exemple, les grandes entreprises veulent certes toutes s’autoestampiller «entreprise 2.0» mais elles ne font guère qu’utiliser les nouveaux médias pour communiquer. Une communication presque toujours maladroite puisque aussi descendante, voire condescendante, qu’avant. Une communication unilatérale du haut (ceux qui savent, ceux qui dirigent…) vers le bas. On pourrait parler de quasi-propagande qui se contente d’utiliser les canaux de communication populaires : «les nouveaux médias». Or, utiliser les nouveaux médias ne transforme pas une entreprise pyramidale en organisation 2.0.<br />
Le message du Pape confirme bien cette difficulté des institutions : prise en considération des médias qui comptent pour le grand public (avant-hier la télé, hier Internet, aujourd’hui Twitter) pour diffuser des messages mais refus d’entrer humblement (d’égal à égal) dans un flux global, multidirectionnel et participatif. Le Pape montre ainsi qu’il s’adapte au monde actuel sans pour autant entrer dans la marche du monde. C’est sûrement réfléchi de sa part et cela démontre une cohérence certaine. C’est en revanche beaucoup plus discutable pour les grandes entreprises écartelées entre leur désir de modernité et leur volonté de contrôle.<br />
Mais cette posture &#8211; qui, une fois de plus, peut se comprendre de l’église catholique romaine hier dominante &#8211; tranche avec les pratiques des églises plus minoritaires (baptistes, évangéliques…) qui, elles, se saisissent opportunément de tous les outils 2.0 pour développer un communautarisme utile à leur démarche prosélyte.</p>
<p>Le 2.0 n’est-il pas fondamentalement du côté des challengers ?</p>
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		<title>Enseigner par le jeu pour enseigner mieux ?</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 08:39:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il est facile de prédire la croissance vertigineuse que prendra le jeu numérique dans nos sociétés de demain, il est beaucoup plus aventureux de prétendre que le jeu permettra de transformer la société et de résoudre des problèmes jusqu’ici insolubles... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le jeu vidéo fait l’objet de nombreux discours largement contradictoires. Grand Satan pour les uns, solution à presque tous nos problèmes pour les autres. </strong><a href="http://www.internetactu.net/2011/06/10/quest-to-lean-lecole-ou-lon-joue-a-apprendre/"><strong>Un article d’Internet Actu</strong></a><strong> qui relate l’expérience new yorkaise d’une école d’un nouveau type, laquelle place le jeu au centre de la pédagogie, peut servir de prétexte à une petite prise de recul sur le rôle possible du jeu dans la société numérique.</strong></p>
<p><strong>Apprendre par le jeu</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong>L’intégration des technologies à l’école s’est longtemps limitée à la salle d’informatique où l’on apprend quelques fonctionnalités de Word. C’est par un tel rappel contextuel que débute un article d’Internet Actu nous présentant une future révolution dans la pédagogie : l’introduction du jeu vidéo. En effet, Katie Salen, conceptrice de jeux et directrice de l&#8217;Institute of Play, un organisme qui veut promouvoir le jeu comme activité d’intégration sociale et de développement personnel, présentait récemment à Paris l’expérience de l’école d’un nouveau type « <a href="http://q2l.org/">Quest to learn</a> » créée en 2009, à New York. Une école qui prétend enseigner autrement (par le jeu), pour enseigner mieux !<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong>L’article d’Internet Actu dresse un petit descriptif de l’école. Dans chaque classe de Quest to learn, l’enseignant traditionnel est assisté d’un concepteur de jeu qui aide les enfants à développer leur projet. Chaque classe doit mettre en place un jeu correspondant aux enseignements qu’elle reçoit. Précision : les programmes sont les mêmes que dans l’enseignement traditionnel. L’enfant acquiert des compétences en maths, en physique, en histoire, en lettres en passant par des procédures radicalement différentes. Les enfants sont ainsi conduits à acquérir des connaissances en physique par exemple en devenant des scientifiques chargés d’élaborer une théorie sur le comportement de la lumière (<em>interaction avec la lumière, simulation 3D, modélisation, raisonnement scientifique sont mobilisés</em>). Les humanités ne sont pas oubliées et une téléportation dans la Grèce ancienne leur est proposée. Ils deviennent ainsi les conseillers stratégiques du Conseil des anciens de Sparte confrontés à une grave décision à prendre vis-à-vis d’Athènes (<em>recueil documentaire, analyse des données historiques, géographiques et autres, co-élaboration de scénarios, développement d’une argumentation font ainsi partie du programme</em>). <strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong>Il est encore trop tôt pour dire si Quest to learn changera les méthodes traditionnelles d’éducation mais le concept a l’air de plaire, puisqu’une seconde école s’ouvrira, en septembre, à Chicago, conclut l’article d’Internet Actu.<strong> </strong></p>
<p><strong>Une inexorable montée en puissance du rôle du jeu</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong>S’il est facile de prédire la croissance vertigineuse que prendra le jeu dans nos sociétés de demain (le livre <em>Les révolutionnaires du numérique</em> y consacre d’ailleurs un chapitre entier), il est beaucoup plus aventureux de prétendre que le jeu permettra de transformer la société et de résoudre des problèmes jusqu’ici insolubles comme le prétendent des enthousiastes impénitents, telle Jane Mc Gonigal dans son <a href="http://www.ted.com/talks/jane_mcgonigal_gaming_can_make_a_better_world.html">intervention à la conférence TED</a>. Quant à savoir la place que le jeu réussira à prendre dans la pédagogie, l’expérience tentée à New York, pour intéressante qu’elle soit, ne démontre pas grand-chose.</p>
<p>Bien sûr, le jeu pourrait permettre un certain réinvestissement des élèves qui ont tendance à s’ennuyer en classe. Mais l’idée que les élèves apprennent mieux lorsqu’ils sont intéressés n’est pas vraiment nouvelle. Elle fait même partie des fondamentaux de la pédagogie, du moins en théorie, car évidemment dans la pratique, il est aisé de constater que beaucoup d’élèves s’ennuient et que beaucoup d’enseignants ne cherchent plus trop les moyens de créer de l’attention. Pour ceux qui ont essayé, il faut reconnaître que ce qui marchait hier avec une classe ne fonctionne plus aujourd&#8217;hui avec une autre. Développer l’intérêt chez l’autre est une mission de plus en plus difficile dont les éventuels résultats positifs sont de plus en plus fugaces…</p>
<p><strong>Apprendre n’est pas jouer</strong></p>
<p>Lorsqu’on veut réfléchir aux jeux numériques, il est indispensable de faire une petite visite sur le blog de Yann Leroux, Psy et Geek, qui fournit l’une des analyses les plus fines et les plus étayées que l’on puisse trouver sur le sujet.<br />
Dans <a href="http://www.psyetgeek.com/les-rhtoriques-du-jeu-vido">un billet récent</a>, Yann Leroux, qui s’appuie sur l’analyse de Brian Sutton-Smith dans <em>The Ambiguity of Play</em> (1997), rappelle les sept rhétoriques sous-jacentes au jeu (Rhétorique du pouvoir, du progrès, de l’identité, du self, de l’imaginaire…). Par rhétorique, Brian Sutton-Smith comprend un « discours persuasif utilisé par un groupe pour persuader les autres de la véracité et de l’intérêt de leurs croyances ». Il s’agit donc d’affirmations qui justifient dans notre société des idées et des croyances sur les jeux et qui orientent également les recherches qui sont faites à leur sujet. Du point de vue de Leroux, les choses sont claires, les discours sur le jeu sont idéologiques (plusieurs idéologies s’entrechoquent) et même les recherches (et donc les chercheurs) sont influencées par ces croyances non étayées par des faits.<br />
Pour Leroux &#8211; que l’on ne peut pas accuser de posture critique a priori vis-à-vis du jeu &#8211; toutes les initiatives de type « Quest to learn » ou d’autres ne peuvent donc pas, du moins à l’heure actuelle, être cautionnées par des travaux de recherche sérieux. Pire, à terme, ces initiatives sont vouées à un certain échec car le jeu ne « s’apprivoise pas », écrit-il dans <a href="http://www.psyetgeek.com/a-propos-de-matres-ou-esclaves-du-numrique-de-benoit-sillard">un autre billet consacré au livre, <em>Maîtres ou esclaves du numérique ?</em></a><em>,</em> de Benoît Sillard. Le jeu ne peut qu’échapper à ceux qui sont sensés le maîtriser. « <em>Les jeux vidéo ne tiendront pas dans le corset étroit du serious game</em> ». Une telle affirmation ne signifie évidemment pas qu’il ne puisse pas exister des initiatives intéressantes et utiles de jeux sérieux, que ce soit à l’école ou dans l’entreprise, mais les jeux sérieux ne sauveront pas le monde. Si le jeu a vocation à échapper à ses concepteurs, comment imaginer que la masse des enseignants puisse &#8211; avec les moyens mis à leur disposition &#8211; massivement utiliser le jeu au cœur de la pédagogie ?</p>
<p><strong>Une société sans idéologie peut-elle faire face à ses défis ?</strong></p>
<p>Si les critiques de Yann Leroux sont suffisamment étayées pour calmer sérieusement les ardeurs des idéologues du jeu comme moyen de résoudre nos plus grands problèmes de société, on pourrait être tenté d’inverser le propos et de se demander ce qui pourrait permettre de résoudre de tels problèmes dont on sent bien qu’ils ont plutôt tendance à s’aggraver. Comment résoudre nos problèmes de société alors que les méthodes anciennes ne fonctionnent plus ou que nous ne savons plus les mobiliser ? La disparition des grandes idéologies n’a-t-elle pas laissé la place à une société sans but, sans dialectique ? Comment faire face à la complexité grandissante et à la dématérialisation croissante de nos sociétés sans faire appel soit aux facultés d’abstraction qui sont très inégalement réparties et de toute façon limitées, soit à certains types de jeux qui peuvent permettre un réinvestissement de quasiment tout le monde ? Certes, comme le souligne Leroux, le jeu nous échappera, il n’est pas possible de le maîtriser. Mais l’argument est-il définitif ? Sommes-nous capables de maîtriser quoi que ce soit de puissant ? Le discours sur le jeu sérieux est sûrement une idéologie, Leroux a raison, mais pouvons-nous vivre sans idéologie ? Et l’idéologie du jeu sérieux n’a-t-elle pas également le grand mérite de faire vaciller sur ses bases une autre idéologie, celle du management scientifique en cours  dans les entreprises et dans les politiques publiques (notamment éducatives), et son cortège de mythes (la maîtrise, l’efficacité, la gouvernance, la rentabilité, l’alignement…) ?</p>
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		<title>Les technologies numériques sauveront-elles l&#8217;école ?</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 14:22:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[L'école va mal dans les pays développés. La crise des systèmes éducatifs ne serait-elle pas avant tout une crise de société…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;école est malade, pas seulement en France mais dans tous les pays occidentaux. Un problème qui ressort à l&#8217;évidence d&#8217;un problème de société. Avec l&#8217;avènement du numérique, la société a connu ces dernières années une véritable révolution en matière de diffusion des connaissances, de transformation du travail et des compétences ou encore d&#8217;évolution des attentes des citoyens pour ne citer que quelques éléments d&#8217;une liste impressionnante de changements majeurs. Cette révolution transforme profondément la société sans que l&#8217;on soit en mesure d&#8217;en prendre aujourd&#8217;hui toute la dimension.</p>
<p>Comment l&#8217;école chargée de préparer les jeunes à la société de demain pourrait-elle correctement remplir ce rôle alors que la compréhension collective des bouleversements en cours est tellement superficielle ?</p>
<p>Les fameux voyages d’étude aux USA, au Canada ou au Royaume-Uni pour trouver des recettes miracle, parfois surmédiatisés, ne sont rien d&#8217;autre que des leurres servant à placer des solutions toutes faites mais qui ne répondent en rien à la question posée.</p>
<p>Dans ce contexte, beaucoup misent sur l&#8217;utilisation des nouvelles technologies, en espérant trouver là un levier d’action qui contourne les questions fondamentales de société que l’on ne semble pas vouloir traiter.</p>
<p>Les expériences se multiplient, avec les résultats contrastés liés à toute période d&#8217;apprentissage. Pourtant, les politiques publiques semblent s’obstiner à préférer les projets matériels ambitieux et facilement affichables mais n’apportant souvent que peu ou pas d’amélioration, aux actions favorisant les usages et l’appropriation, actions nécessairement plus locales, moins coordonnées mais aussi moins budgétivores et démontrant, elles, une réelle efficacité. Il est vrai qu&#8217;elles ont l’inconvénient majeur d’être peu raccordées à des volontés et des calendriers politiques.<br />
Dans <a href="http://www.lajauneetlarouge.com/articles/enseignement--les-technologies-numeriques-sauveront-elles-lecole-3819/les-techniques-numeriques-sauveront-elles-lecole/2011-04-num-664.html#p10">un article paru en avril dernier</a> dans la revue mensuelle de l&#8217;Association des anciens élèves de l&#8217;école polytechnique, <em>La Jaune et la Rouge,</em> Christophe Deshayes, président de documental (observatoire impertinent des technologies numériques), co-auteur de l&#8217;ouvrage <em>Les vrais révolutionnaires du numérique</em>, s&#8217;interrogeait sur les conditions d’intégration du numérique à l’école et ses réussites sans oublier de la situer dans le contexte d’une crise de société. Faut-il investir massivement dans des grands plans volontaristes d’équipement ? Faut-il préférer les expérimentations locales ? Quels résultats peut-on observer ? Les gains s’expriment-ils en matière d’adhésion des élèves, de résultats scolaires ? Toutes les technologies introduites connaissent-elles les mêmes résultats et difficultés ?</p>
<p><strong>Crise de société ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>On l&#8217;aura compris, plutôt que de lorgner sur les politiques anglo-saxonnes volontaristes en matière d&#8217;investissements technologiques mais dont les résultats sont contestés dans ces mêmes pays, il pourrait être plus astucieux d&#8217;encourager les milliers d&#8217;initiatives qui fleurissent sur le terrain dans nos régions, dans notre culture. Car si l&#8217;enjeu est trop important pour le laisser aux seuls enseignants, ne pas miser sur le professionnalisme, l&#8217;enthousiasme et l&#8217;investissement de la grande majorité d&#8217;entre eux conduirait à l&#8217;échec. Un échec qui pourrait vraiment finir par avoir des répercussions considérables.</p>
<p>La crise des systèmes éducatifs est d&#8217;abord une crise de société, une crise dans laquelle les technologies jouent un rôle central en renforçant les problèmes mais également en apportant de nombreuses contributions potentielles : le poison et le médicament en quelque sorte. À nous d&#8217;en mesurer les enjeux, la puissance et les limites, et d&#8217;éviter les discours faciles et improductifs sur le prétendu immobilisme congénital de l&#8217;école.</p>
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		<title>OLPC : l’école du collaboratif ?</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Apr 2011 09:53:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour développer le travail collaboratif, pourquoi ne pas s’inspirer du projet OLPC (un PC portable par enfant) ? Une réussite qui mériterait d’être davantage connue et reconnue !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toutes les entreprises sans exception veulent aujourd’hui développer le travail collaboratif. Cependant aucune n’engrange de véritables succès en la matière. Il faut dire qu’elles se contentent pour la plupart d’acheter quelques outils facilement estampillés 2.0, espérant ainsi avoir réglé les problèmes de motivation, de comportement, de valeurs, d’organisation inhérents au développement d’une véritable culture de la coopération. Au lieu de travailler en profondeur de telles questions, certains préfèrent même se lamenter sur l’Education Nationale, coupable à leurs yeux de ne pas assez préparer les jeunes (futurs salariés) au numérique et à la collaboration…</p>
<p>Quel dommage que ces mêmes entreprises ne s’intéressent pas davantage au retour d’expérience du projet<strong> &laquo;&nbsp;One Laptop Per Child </strong>(OLPC) &#8211; un PC portable par enfant&nbsp;&raquo;, le projet initié par Nicholas Negroponte, l’ancien patron du MIT Media Lab, trop souvent perçu de manière erronée comme un programme de fabrication de masse, de diffusion et de financement d’un ordinateur pas cher pour les enfants des pays en voie de développement alors qu’il s’agit en fait d’un véritable projet éducatif.</p>
<p><strong>La collaboration dès l’école, facilitée par l’accès au numérique</strong></p>
<p><strong></strong>En fait, l’intérêt principal du projet OLPC réside dans son interface très particulière, appelée Sugar. Cette interface ne représente pas des dossiers posés sur un bureau mais plutôt un ensemble d’acteurs avec lesquels on est naturellement invité à interagir et à collaborer. Autre particularité, cette interface est développée par une communauté mixte, composée de développeurs open source et d’enseignants. On comprend dès lors que la collaboration intime, à long terme, de pédagogues et d’informaticiens constitue le deuxième apport du projet OLPC. Ces deux caractéristiques étant évidemment entremêlées.</p>
<p><strong>Le succès ignoré de l’OLPC</strong></p>
<p><strong></strong>Ces petits ordinateurs en plastique vert distribués aux écoles en Uruguay, au Paraguay… sont certes très ingénieux mais ils ne font pas rêver les consommateurs de technologies que nous sommes devenus. Face aux portables issus du monde professionnel ou des tablettes hors de prix mais si « tendance », ces petits appareils verts dénotent. Comment pourrait-on accepter de s’inspirer d’un tel programme, conçu à l’encontre de l’industrie high tech, pour une cible aussi peu valorisante (des enfants de pays dits pauvres) ?<br />
La pression sociale (c’est-à-dire marketing) est trop forte. La chose est donc entendue, nous ne le pouvons pas. Nous n’avons rien à apprendre d’un appareil aussi rustique, fait pour des pauvres, pour des gamins et dont l’interface est si déroutante.<br />
C’est dommage pour nous et c’est dommage pour l’OLPC. C’est peut-être même le plus grand reproche que l’on puisse faire au projet OLPC : avoir adopté une approche trop radicalement alternative qui facilite sa marginalisation. Bien sûr, on objectera que la réussite insolente d’Apple est également fondée sur une stratégie presque aussi radicale mais c’est oublier qu’Apple a bien failli en mourir et qu&#8217;ensuite il s’agit d’une entreprise privée dont les moyens marketing ont toujours été mis en avant. Un projet universel comme OLPC ne peut se permettre une telle débauche de formatage des esprits.</p>
<p>Pour découvrir plus en profondeur le programme OLPC, on peut lire sur le site Framablog un intéressant billet sur le sujet et notamment la traduction d&#8217;un entretien avec le créateur de Sugar, Walter Bender*, au cours duquel il revient sur la philosophie mal comprise de Sugar Labs.</p>
<p><strong>*quelques éléments extraits de l’entretien avec Walter Bender (<a title="olpc" href="http://www.framablog.org/index.php/post/2011/04/13/sugar-labs-education-walter-bender">à lire sur le site Framablog.org</a>)</strong></p>
<p><strong></strong>A travers les lignes de cet entretien, on peut lire à la fois des pistes pour l&#8217;éducation de demain mais aussi un hymne à la collaboration.<br />
&laquo;&nbsp;A travers Sugar, nous nous efforçons de procurer à chaque enfant une chance d’apprendre et d’apprendre à apprendre, dans un contexte qui va lui permettre à la fois d’entamer un échange dynamique avec d’autres et de développer des moyens indépendants pour atteindre ses objectifs personnels&nbsp;&raquo;. Le projet Sugar est nourri du travail collectif de deux communautés, celle des développeurs de la plate-forme très axés sur la culture du logiciel libre et celles des enseignants. Tous ensembles, ils ont réfléchi à créer un &laquo;&nbsp;contexte favorable au développement humain&nbsp;&raquo; et un changement de culture scolaire. Ils ont tenté de trouver des réponses autour de questions comme : que devraient apprendre les enfants et comment devraient-ils apprendre ? Devraient-ils avoir accès aux idées qui nourrissent leur culture locale de même qu’aux idées puissantes qui constituent l’héritage global de l’humanité. Devraient-ils aussi s’exercer à l’exploration et à la collaboration, s’approprier des connaissances en menant une démarche authentiquement ouverte de recherche de solutions ?&#8230;</p>
<p><strong>Les pires pratiques des TIC pour l’Enseignement</strong></p>
<p><strong></strong>Il y a un débat permanent sur le projet Sugar, certainement parce qu&#8217;il est piloté par une communauté mixte (développeurs, enseignants). Les réactions sont multiples et souvent positives. Michael Trucano, bloggeur sur le portail éducation de la Banque mondiale, s&#8217;en est inspiré pour publier un &laquo;&nbsp;top 10&#8243; des pires pratiques de l’utilisation des nouvelles technologies dans l’éducation.</p>
<p>1. Parachuter du matériel dans les écoles et espérer qu’un miracle se produise.<br />
2. Concevoir via l’OCDE des environnements d’apprentissage à implémenter partout.<br />
3. Penser les contenus éducatifs après la mise en place du matériel.<br />
4. Supposer que vous pouvez uniquement importer du contenu venu d’ailleurs.<br />
5. Ne pas surveiller, ne pas évaluer.<br />
6. Faire un gros pari sur une technologie qui n’a pas fait ses preuves.<br />
7. Ne pas être transparent sur le coût global de l’opération.<br />
8. Négliger les problèmes d’équité.<br />
9. Ne pas former vos professeurs (ni votre directeur d’école).<br />
10. Ne pas impliquer la communauté.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Gamersband : l&#8217;innovation à la française?</title>
		<link>http://www.revolutionnairesdunumerique.com/gamersband-linnovation-a-la-francaise</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2011 10:09:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Jeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Gamersband.com est le premier réseau géosocial dédié aux passionnés de jeux permettant de trouver un compagnon de jeux dans son quartier ou dans son entreprise. Une sorte de Facebook local à rebours du village mondial ou plutôt un Foursquare du jeu ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Gamersband.com est le premier réseau géosocial dédié aux passionnés de jeux. L&#8217;idée de la start-up parisienne qui l&#8217;a créé est de regrouper sur le site quatre concepts en vogue : jeux, géolocalisation, réseau social, dimension locale (quartier, entreprise). &laquo;&nbsp;<em>Nous souhaitons aller au bout de la socialisation par le jeu</em> &laquo;&nbsp;, explique l&#8217;un de ses fondateurs, comprendre trouver un compagnon de jeux dans son quartier ou dans son entreprise via la plate-forme communautaire.<br />
Pour ce faire, Gamersband croise les profils de ses membres par affinités (goût, localisation…), assure la mise en relation et permet ainsi de créer une communauté de proximité. Selon le périodique <em>L&#8217;Entreprise</em> qui lui consacre un article dans son numéro de mars 2011, &laquo;&nbsp;<em>on peut le considérer comme une sorte de Facebook thématique et surtout local, à rebours du village mondial</em> &laquo;&nbsp;.</p>
<p>On sait que la mondialisation conduit à une uniformisation culturelle. On souligne trop rarement une tendance opposée qui se développe avec la même vigueur : un besoin de proximité, de respect des spécificités, voire d’intégration dans des territoires. La dimension numérique de la mondialisation démultiplie les formes de communautés. Des communautés qui, par nature, renforcent toutes les spécificités, notamment les spécificités locales. Les guildes de joueurs qui se réunissent autour de jeux mondialement diffusés tels que World of Warcraft sont presque toutes constituées sur des bases nationales ou du moins sur une langue commune.<br />
La France est très en pointe sur ce genre d’initiative. La fête de la musique, puis la fête des voisins surfent depuis longtemps sur ces attentes. Le site <a title="peuplade" href="http://www.revolutionnairesdunumerique.com/page-a-page/chapitre-1-web-2-0/15">Peuplade.fr</a> (le premier site de voisins) développe, pour sa part, en France des liens sociaux fondés sur la proximité géographique. Il n’est donc pas étonnant qu’un site français se propose de rassembler des amateurs de jeux en fonction de leur jeu préféré, de leur proximité géographique ou affinitaire.<br />
C’est une preuve supplémentaire de l’ambivalence des TIC et des jeux en ligne, ils développent à la fois, dans certains cas extrêmes, des phénomènes de repli sur soi (phénomène des &laquo;&nbsp;no life&nbsp;&raquo;) mais, dans des cas plus nombreux, ils suscitent des occasions de socialisation, de nouvelles formes d’apprentissage ou d’entraide.<br />
Plutôt que de présenter Gamersband comme un Facebook du jeu, il vaudrait mieux parler d’un Foursquare du jeu (Foursquare étant le dernier réseau social (géolocalisé) à la mode dans les pays occidentaux avec plus de 6 millions de comptes et un taux de croissance dépassant les 1 000 % par an). Souhaitons à Gamersband une telle réussite !<br />
Mais, au fait, surfer sur le local ne compromet-il pas justement la rencontre d&#8217;un tel succès planétaire ?</p>
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		<title>Cyber-harcèlement : que font les médias?</title>
		<link>http://www.revolutionnairesdunumerique.com/cyber-harcelement-que-font-les-medias</link>
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		<pubDate>Fri, 01 Apr 2011 15:10:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Pas un média n'analyse en profondeur les débordements survenant sur les médias sociaux ! A quand un vrai débat de société pour comprendre ces problèmes nouveaux et complexes qui touchent en premier lieu des cibles fragiles : les jeunes...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aucun journal, aucune émission de télé ne s&#8217;intéressent sérieusement aux débordements de certains médias sociaux. Débordements qui touchent en premier lieu des cibles fragiles : les jeunes (cyber-harcèlement…). Lorsque ces sujets sont abordés, ils le sont sous couvert d’actualité, donc de l’émotion. Ils n’envisagent donc jamais sérieusement la manière d’y faire face. Aucun traitement du phénomène, ni du côté des journaux radio ou télé (qui manquent de temps pour traiter en profondeur des sujets de sociétés), ni du côté des émissions dotées de plus de temps comme celles des Taddei ou Calvi (Ce soir ou jamais, C dans l&#8217;air).</p>
<p><strong></strong>Résultat ? Les affaires se multiplient. Certaines finissent très mal (suicides, lynchages physiques) comme celle du site IShareGossip qui émeut actuellement l’Allemagne. Comme d’habitude lorsqu’une société ne comprend pas ce qui lui arrive, les mêmes phénomènes s’enclenchent toujours de la même manière : émotion du grand public (notamment des parents d’élèves), posture-imposture de certains élus prônant des dispositions législatives irréalistes, rarement mises en œuvre et toujours contournées. <strong></strong></p>
<p><strong></strong>Jusqu’à quel point sera-t-on condamné à vivre une telle dérive sociétale, une telle descente aux enfers du numérique ? Jusqu’à quand paiera-t-on le prix de notre incapacité collective à comprendre les enjeux de la révolution numérique en cours ? Combien faudra-t-il encore de gosses massacrés par leurs congénères (qui ne sont pas d’ailleurs exempts de séquelles) pour voir un sursaut citoyen des médias ?<strong></strong></p>
<p><strong></strong>Bien sûr, il n’y a pas de solution miracle. Il faut donc lutter contre les solutions toutes faites portées par certains politiques plus ou moins cyniques. On sait très bien ce qui ne marche pas. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire. Au contraire. Mais ces problèmes sont complexes et nouveaux. La seule solution consiste à articuler un certain nombre de solutions de prévention, d’éducation et de répression. Une alchimie à essayer en tâtonnant, dans une démarche de type essai-erreur-correction. Pour cela, il faut une adhésion sociale à une telle démarche. Une adhésion qui ne peut se construire que par un grand débat de société. Si certains politiques cherchaient à lancer des débats citoyens vraiment utiles, en voilà un qui ferait honneur à une société mature ! A défaut d’initiative politique, ce débat pourrait être lancé par une classe médiatique socialement responsable !<strong></strong></p>
<p><strong></strong>Voir ci-dessous 1- l’affaire IShareGossip , 2- différents billets traitant du thème</p>
<p><strong>L’affaire IShareGossip émeut l’Allemagne, et alors.</strong></p>
<p>En Allemagne, le site IShareGossip fait scandale et s&#8217;attire les foudres de l&#8217;Etat et de certaines associations, nous relate un article du <em>Monde</em> en date du 1<sup>er</sup> avril 2011. Ce site dédié aux adolescents s&#8217;inspire de la série télévisée Gossip Girl. Il permet de publier anonymement des ragots et des rumeurs sur l&#8217;ensemble des lycées allemands. Peu modéré, on y trouve toutes sortes de commérages, de délations et de messages xénophobes, diffamatoires, insultants. Le ministère de la Famille s&#8217;est inquiété de l&#8217;existence de ce site et de sa dangerosité d&#8217;autant qu&#8217;un fait divers l&#8217;a placé au cœur de l&#8217;actualité (un adolescent a été passé à tabac parce qu&#8217;il tentait de défendre une amie, victime d&#8217;insultes sur le site).</p>
<p>Le ministère de la Famille et les associations de parents d&#8217;élèves ont obtenu, à compter du mois d&#8217;avril, un blocage du site sur certains moteurs de recherche nationaux (des versions étrangères de Google et d&#8217;autres moteurs de recherche continuent encore à le proposer). Le quotidien <em>Le Monde</em> explique toute la difficulté à mettre en œuvre ce blocage : le site est maintenu par une société enregistrée en Lettonie et est hébergé par PRQ, un hébergeur militant qui défend une conception radicale de la liberté d&#8217;expression (il héberge aussi The Pirate Bay ou des serveurs de WikiLeaks). Ce blocage en demi-teinte ne satisfait donc personne. Le ministère de la Famille a mis en place en urgence une page de conseils à destination des victimes de harcèlement tandis que plus d&#8217;une centaine de plaintes ont été déposées par des familles indignées. Mais est-ce suffisant ? Comme le souligne l&#8217;article du <em>Monde</em>, &laquo;&nbsp;<em>IShareGossip est devenu un enjeu politique crucial et a fait du harcèlement en ligne ou cyber-mobbing un débat de société incontournable</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Quelques articles et billets abordant certains aspects de ce sujet :</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.documental.fr/v2/article_5768.php">Ragot 2.0 : quand le web touche fond</a> </strong></p>
<p><strong><a href="../4chan-le-9-3-du-net">4Chan, LE 9-3 DU NET ?</a></strong></p>
<p><strong><a href="../cyber-harcelement-13-sexe-mensonges-et-video-2-0-par-la-z-generation">Cyber-harcèlement (1/3) : sexe, mensonges et video 2.0 par la Z génération</a></strong></p>
<p><strong><a href="../cyber-harcelement-23-a-quand-les-cours-d%E2%80%99instruction-numerique">Cyber-harcèlement (2/3) : A quand les cours d’instruction numérique ?</a></strong></p>
<p><strong><a href="../dossier-cyber-harcelement-33-l%E2%80%99enfer-c%E2%80%99est-les-autres">Dossier cyber-harcèlement (3/3) : l’enfer, c’est les autres !</a></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.documental.com/v2/article_6785.php">Loppsi : les pervers encouragés dans leurs EFFETS</a></strong></p>
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		<title>Se cacher sous les yeux de ceux qui veulent nous surveiller</title>
		<link>http://www.revolutionnairesdunumerique.com/se-cacher-sous-les-yeux-de-ceux-qui-veulent-nous-surveiller</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Feb 2011 09:13:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[L'histoire de Sarah qui recourt à des stratagèmes pour partager des confidences avec ses amis sur Facebook est riche d'enseignements...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’excellent blog &laquo;&nbsp;<a href="http://webtribulation.com/2011/02/21/votre-vie-privee-sur-facebook-apprendre-a-se-cacher-en-pleine-lumiere/">Web tribulation</a>&nbsp;&raquo; reprend et détaille un article de Clive Thomson initialement paru en anglais dans la revue <em>Wired</em>. L’article s’articule autour des confidences sentimentalo-numériques de Sarah. Comme beaucoup d&#8217;adolescents, elle accorde une place centrale aux relations qu&#8217;elle mène avec ses amis sur le réseau social Facebook. Problème, ses parents, un peu inquiets par ce que l&#8217;on entend dire sur Facebook [no comment…NDLR], n&#8217;hésitent pas à la surveiller en lisant son profil quotidiennement. Alors, pour déjouer leur surveillance et pour s&#8217;aménager un jardin privé avec ses amis, Sarah &laquo;&nbsp;hacke&nbsp;&raquo; son langage. En clair, elle utilise une sorte de langage codé pour confier ses sentiments à ses ami (e)s qu&#8217;eux seuls peuvent comprendre. Elle s&#8217;appuie par exemple sur des répliques de films ou des paroles de chanson parfaitement connus et intégrés par ses amis mais qui ne font pas partie de la culture de ses parents et autres observateurs importuns. Résultat, ces derniers passent à côté des états d’âme réels de la jeune fille.<br />
D&#8217;autres adolescents utilisent des stratagèmes plus complexes pour protéger leur intimité. Ils désactivent leur compte Facebook à chaque fois qu&#8217;ils s&#8217;en déconnectent, faisant disparaître ainsi toute trace visible de ce qui a été publié sur leur mur. Leur profil Facebook fonctionne alors comme &laquo;&nbsp;un club privé&nbsp;&raquo; accessible uniquement pendant leurs heures de connexion, ce qui diminue substantiellement les possibilités d’observation par autrui (y compris par leurs parents qui s&#8217;autorisent à consulter leur mur grâce à un statut d’ami quelque peu &laquo;&nbsp;extorqué&nbsp;&raquo;).</p>
<p><strong>Se fondre dans la foule des anonymes pour tromper les contrôles</strong><br />
Mais n’y a-t-il que les adolescents et leurs parents pour jouer au chat et à la souris dans les espaces numériques ? Les dictatures menacées ne cherchent-elles pas à couper le fil pour lutter contre les tentatives d’organisation de la subversion tout en utilisant le même Internet pour essayer d’identifier les meneurs ? Les démocraties ne renforcent-elles pas, de leur côté, leur contrôle de l’Internet sous le prétexte un peu facile de la protection de la propriété artistique (Hadopi) ou de la lutte contre le terrorisme et la pédophilie (Loppsi) ? Il ne faudra pas se dire surpris de l’inefficacité de telles mesures le jour du bilan. L’histoire de Sarah et de ses amis est édifiante et les enseignements à en tirer dépassent de beaucoup la seule relation parent-enfant.</p>
<p>La puissance des outils de communication sur le Net réside dans le fait que les usages se développent au gré des fantaisies et des besoins des individus et des groupes qui les utilisent et se les approprient dans tous les sens du terme (appelons-les communautés en ligne). Comment s’étonner que la première vertu des communautés en ligne soit de tenir à bonne distance les non-membres ? N’est-ce pas le propre de toute communauté ? Les codes sociaux et culturels se développent dans la communauté (en ligne et hors ligne) en vue à la fois de cimenter les liens en interne et d’ériger des remparts de plus en plus infranchissables vis-à-vis de l’extérieur. Ce faisant, les communautés s’excluent toujours davantage les unes des autres. Il serait temps de comprendre que le communautarisme, fut-il virtuel, est tout de même une forme de communautarisme avec ses vices et ses vertus.<br />
Souhaitons bon courage à ceux qui rêvent de se rendre seigneur et maître de l’outil technologique. Le programme Echelon américain n’a-t-il pas réussi son objectif d’écouter toutes les conversations dans le monde (ou presque) tout en laissant libre cours aux attentats du 11 septembre dont de nombreuses conversations préparatoires étaient dans les ordinateurs fédéraux ?<br />
Se cacher sans en avoir l’air n’a-t-il pas toujours été le nec plus ultra de la dissimulation ? Les gens qui se cachent finissent toujours par se faire repérer, d’autant qu’ils sont forcément suspects puisque c’est bien connu, au moins dans l’esprit des censeurs, seuls les gens qui ont quelque chose à cacher cherchent à se dissimuler. Les censeurs recherchent Julian Assange et les Anonymous et délaissent ainsi ceux qui restent en pleine lumière et utilisent la culture pour se dissimuler.</p>
<p><strong>La culture, mère de toutes les subversions ?</strong><br />
La culture est décidemment subversive. Elle l’est d’autant plus que son rôle est ignoré, voire nié par les censeurs. Pourtant, et ce n&#8217;est qu&#8217;un exemple, on sait que tenter d’expliquer les évènements de mai 68 en faisant l’impasse sur le rôle joué par la musique est voué à l’échec. A l&#8217;époque un gigantesque général, un vrai démocrate celui-là, qui ne pouvait cependant pas s&#8217;empêcher de contrôler l&#8217;information ne contrôlait déjà plus la culture et notamment la plus populaire auprès des jeunes : la musique. Le numérique n’est pas seulement une affaire de technologie, de fonctionnalités, de dextérité, de maîtrise&#8230; Ce n&#8217;est pas non plus seulement une affaire d&#8217;information. C’est également, et peut-être surtout, une affaire de culture, de partage de codes, de valeurs, d’aspirations, d’émotions et de représentation du monde, et c’est autrement plus subversif.<br />
Si les révolutions du monde arabe ont, comme on nous le dit &laquo;&nbsp;quelque chose de numérique&nbsp;&raquo;, les historiens auront sûrement avantage à creuser cette piste culturelle plutôt que celle de l’information.</p>
<p><strong>Tous des censeurs</strong><br />
Quand aux espions que nous sommes tous vis-à-vis de nos enfants (sic), il reste à se convaincre que nous, nous le faisons vraiment pour leur bien et que nous parviendrons mieux que les censeurs d’Etat à décrypter les ambivalences de leurs conversations (resic).</p>
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		<title>Si le web 2.0 m’était compté…</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 16:32:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Web collaboratif (2.0)]]></category>
		<category><![CDATA[crowdsourcing]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[Grâce au 2.0, les auteurs qui souhaitent être édités ont trouvé un moyen de contourner les éditeurs. Mais la démarche d'auto-publication reste réservée à des marchés de niche et pour le moment ne compte à son actif aucun best-seller…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la plupart des industries de contenu, le monde de l’édition ne se porte pas très bien. En réponse à cette crise, les maisons d’édition se concentrent autant que possible sur les gros coups potentiels (blockbuster) délaissant par le fait les sujets condamnés à générer de petites audiences.<br />
On prête au web communautaire (dit 2.0) la capacité à casser cette machine infernale en offrant aux auteurs de niche (faible audience prévisible) des moyens d’existence. Un article de la revue <em><a title="edition" href="http://www.technologyreview.com/web/26945/?mod=MagOur&amp;a=f">Technology Review</a></em> confirme cette possibilité d’autoproduction en relatant la réussite du projet de Meaghan O&#8217;Connell et Melissa Gira Grant, fermement décidées à publier une anthologie sur le thème des histoires de sexe en dépit d&#8217;une fin de non-recevoir déjà adressée aux deux femmes par des éditeurs.</p>
<p>Elles ont lancé leur projet par l’intermédiaire du site de micro-financement Kickstarter, un site de &laquo;&nbsp;crowd-funding&nbsp;&raquo; qui apporte une aide au lancement de projets en combinant investissement et bienfaisance : les donateurs obtiennent, en effet, quelques avantages en retour de leur don tels que copies des films ou de la musique produite, contact avec les artistes&#8230;</p>
<p><em>Technology Review</em> rappelle que l’histoire de l’autoproduction littéraire répandue au XIXème siècle reposait déjà sur la mobilisation d’un réseau de connaissances (on ne disait pas encore réseaux sociaux à l’époque) pour trouver des sponsors et des donateurs qui, outre le financement assurerait également un certain bouche-à-oreille. Finalement, l’intérêt du web 2.0 serait d’innover en réinventant les pratiques d’hier. Mais cela ne serait pas si mal si de telles pratiques assuraient une diversité littéraire que le libéralisme économique semble ne plus assurer.<br />
L’article, et c’est son grand intérêt, relativise ce succès et surtout lui attribue une dimension très précise dans le monde de l’édition. Si des œuvres significatives du point de vue culturel peuvent émerger là où elles n’auraient pas dû voir le jour, grâce à ce mode de financement de proximité, il faut reconnaître que les records de ventes ne viennent pas et ne viendront sans doute jamais (sauf exception impossible à reproduire) des canaux collaboratifs. Les best-sellers sont en effet le fruit d’un marketing de masse et non d’un travail littéraire. Cet aspect marketing s’élabore en proximité avec les médias de masse. Ce monde fonctionne en circuit fermé.<br />
Si, grâce au 2.0, il est possible de contourner les éditeurs, il faut bien reconnaître qu’il condamne aussi à réussir sans les médias de masse (ce qui éloigne obligatoirement du box office).</p>
<p>La démarche d&#8217;auto-publication reste donc réservée à des marchés de niche (qui n&#8217;intéressent pas les grands éditeurs) ou à des actions ponctuelles. A lire l’article de <em>Technology review</em>, il semblerait donc que le phénomène MyMajorCompany qui a réussi quelques grands succès dans le secteur de la musique (en permettant à des jeunes chanteurs, à l&#8217;exemple de Grégoire, de se produire et de connaître une notoriété et un fort succès) ne puisse pas se reproduire dans le domaine de l’édition.</p>
<p>Peu rentable, énergivore, chronophage, l’autoproduction use les plus résistants même si l’expérience représente une aventure humaine passionnante, notamment pour l&#8217;écrivain.</p>
<p>On pourrait également comprendre avec ce témoignage qui relativise une idée préconçue, les raisons de la difficulté des grandes entreprises à se saisir du 2.0. Le web 2.0 est-il conçu pour les grandes entreprises ou seulement pour les petites entreprises agiles qui se battent pour défendre un point de vue et non une part de marché ?</p>
<p>En quelques mots l’histoire de Grant et O’Connell relatée par<em> Technology Review :</em></p>
<p><em>Pour accompagner leur démarche d&#8217;autopublication et obtenir les fonds nécessaires, Grant et O&#8217;Connell ont mis en ligne sur le site Kickstarter une vidéo présentant des extraits vocaux de l&#8217;ouvrage intitulé &laquo;&nbsp;Coming and Crying&nbsp;&raquo;.  En quelques heures seulement, elles ont réussi à atteindre leur objectif de 3 000 dollars de financement et, six semaines plus tard, elles le dépassaient de 14 242 dollars ! </em></p>
<p><em>Restait cependant à tenir leurs promesses auprès de leurs 651 sponsors. Meaghan O&#8217;Connell et Melissa Gira Grant ont alors appris sur le tas le métier d&#8217;éditeur : concevoir la maquette d&#8217;un ouvrage, imprimer, faire le marketing et diffuser un livre imprimé (la contrainte était qu&#8217;aucun ebook ni aucune version en ligne de l&#8217;ouvrage ne sortent ; cet ouvrage devait offrir aux blogueurs contributeurs l&#8217;opportunité de pouvoir lire leur nom sur une page physique en papier).</em></p>
<p><em>L&#8217;auto-publication n&#8217;a rien de nouveau, la publication en ligne non plus. La publication par souscription connaît des précédents : de nombreux ouvrages à succès du 19<sup>e</sup> siècle ont été d&#8217;abord édités en un petit nombre d&#8217;exemplaires puis présentés à un cercle de souscripteurs. Mais la façon dont Grant et O&#8217;Connell ont publié Coming and Crying via Kickstarter est vraiment sans équivalent. Utilisant leurs réseaux sociaux et de blogging pour susciter l&#8217;intérêt, les auteurs ont offert aux personnes qui visitaient leur page d&#8217;accueil la possibilité de contribuer à différents niveaux, lesquels, en échange, offraient aux donateurs différents degrés d&#8217;accès dans le processus de réalisation du livre. Ainsi, un dollar donnait accès au blog semi-privé autour du livre, quinze dollars garantissaient une copie de l&#8217;ouvrage, les donations supérieures accordaient un accès à des discussions en messagerie instantanée, des lectures privées, des histoires écrites sur mesure. </em></p>
<p><em>Elles ont à ce jour vendu 1 000 exemplaires de leur ouvrage. Cela peut paraître peu, mais il faut savoir que de nombreux romans ou œuvres non romanesques de qualité des grands éditeurs ne sont vendus qu&#8217;à trois à quatre fois plus d&#8217;exemplaires. On peut donc parler de success story. Grant et O&#8217;Connell ont non seulement procuré à un lectorat de niche un ouvrage qu&#8217;il souhaitait de toute évidence mais ont encore contourné toutes les difficultés liées au contexte de l&#8217;industrie du livre.</em></p>
<p><em>Malgré ce beau succès qui a été stimulant pour elles, ces jeunes femmes avouent cependant que la démarche n&#8217;est pas très lucrative et qu&#8217;elles ont renoncé à en faire une activité à plein temps. Elles expliquent aussi qu&#8217;avoir des mécènes peut entrer en contradiction avec une expression sans entrave. Ainsi, malgré cette aventure exaltante sur certains aspects, O&#8217;Connell a pour ambition aujourd&#8217;hui de publier son propre livre mais elle n&#8217;envisage plus de recourir à Kickstarter.</em></p>
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		<item>
		<title>La révolution tunisienne n’est pas une révolution Internet, c’est une révolution à l’heure de l’Internet</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 11:22:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Le blog « révolutionnaires du numérique » s'interroge sur le rôle joué par Internet dans la révolution tunisienne en cours...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’actuelle révolution que mènent les Tunisiens impressionne le monde entier. Elle fait l’objet, et ce n’est pas trop tôt, d’une attention médiatique inégalée. Il faut dire que l’effet de surprise est considérable. Personne n’avait imaginé la chute de Ben Ali de cette manière-là, même ceux, très peu nombreux, qui avaient osé imaginer une chute du régime possible. Il faut dire que tous les gouvernements occidentaux sans exception, la France en tête, sont complètement passés à côté de l’Histoire.<br />
Comment expliquer une telle faillite dans les processus d’information de la part de nations aussi développées, si ce n’est en faisant porter la faute par le système Ben Ali lui-même, sans doute trop fermé et trop sophistiqué pour nos services de renseignement et pour notre presse d’investigation. Il fallait donc un miracle pour déverrouiller tout cela !<br />
On l’aura compris ce miracle s’appelle Internet, Facebook, Twitter, Wikileaks, les Anonymous… C’est du moins ce que prétendent certains observateurs.  Leur affirmation est cependant démentie par de nombreux Tunisiens mais également par certains spécialistes du numérique et non des moindres.<br />
Le blog « révolutionnaires du numérique » &#8211; qui souligne inlassablement le potentiel méconnu du numérique dans l’émancipation des citoyens &#8211; ne pouvait ignorer ce débat. Pour autant, comme de nombreux observateurs avertis des phénomènes numériques, il met sérieusement en doute l’affirmation selon laquelle Internet a joué un rôle crucial dans la révolution tunisienne toujours en cours.</p>
<p>Pour que tout le monde puisse se faire un avis, nous avons trouvé utile de lister un certain nombre de points de vue sur cette question : la révolution tunisienne est-elle vraiment une révolution Internet ?</p>
<p>Dans l’affaire tunisienne, Internet (FB, Twitter, wikileaks…) semble avoir effectivement accéléré la circulation de l’information… à l’extérieur de la Tunisie. La contribution d’Internet aura été un rôle d’accompagnement plutôt tardif, progressif et indirect, ce qui ne l’empêche pas d’avoir été réelle. Il est douteux que l’histoire retienne qu’Internet aura joué un rôle déclencheur, direct et proprement révolutionnaire.</p>
<p><strong>Rappelons pour finir quelques éléments intemporels de l’analyse des &laquo;&nbsp;révolutionnaires du numérique&nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p>1 &#8211; Internet est un moyen puissant d’émancipation des peuples surtout lorsque les médias classiques ne remplissent pas leur fonction de contrepouvoir (ce qui fut le cas en Tunisie). La puissance d’Internet étant alors de réussir à imposer un travail journalistique plus sérieux… C’est au moment où les médias traditionnels se mettent au travail, à la remorque d’Internet, que les choses s’accélèrent vraiment… Une fois encore ce fut le cas en Tunisie.</p>
<p>2 &#8211; Si Internet donne des armes aux « révolutionnaires », il en donne également aux forces de l’ordre…</p>
<p>3 &#8211; Si Internet donne des forces pour lutter contre un pouvoir écrasant, il s’agit toujours d’un rapport de force. On ne gagne jamais aussi facilement son émancipation que lorsque c’est le pouvoir fort qui s’effondre. <a title="Egypte" href="http://www.revolutionnairesdunumerique.com/liberte-publiques-en-egypte-we-don%E2%80%99t-caire">L’affaire Khaled Saïd en Egypte</a> qui fut la première grande manifestation numérique dans le monde musulman n’a pas réussi à faire trembler le pouvoir égyptien. La seule conclusion possible est que le pouvoir de Moubarak est plus stable &#8211; du moins pour le moment &#8211; que celui de Ben Ali qui, à l’évidence, fut facilement dépassé car miné de l’intérieur.</p>
<p>4 &#8211; Qu’Internet ait eu un rôle essentiel dans la prise de conscience à l’extérieur de la Tunisie est avéré. Or, ce soutien même tardif, même du bout des lèvres de la communauté internationale, est indispensable pour réussir une telle révolution dont on rappellera qu’elle n’est pas gagnée avec le départ de Ben Ali mais avec l’implosion du RCD (action toujours en cours).</p>
<p>5 &#8211; Le numérique est aujourd’hui à la fois un espace à part où luttent des spécialistes des deux bords (activistes et contre-activistes) et un monde complètement imbriqué dans les espaces sociaux, économiques et politiques classiques au point qu’il devient impossible d’imaginer le moindre phénomène isolé du Net. De là à en conclure qu’Internet est à l’origine de tous les phénomènes… c’est tentant mais pas très rigoureux.</p>
<p>6 &#8211; L’hybridation entre ces différents mondes permet de tester quelque chose dans un monde puis de le réessayer dans l’autre : je dis de plus en plus de chose sur Facebook, bravant la censure, ce qui donne encore plus envie de le dire dans la rue. Je le dis dans la rue, ce qui donne envie de le filmer et de le mettre sur Internet. Je me donne ainsi du courage et j’en donne aux autres et ainsi de suite. Le même phénomène existe entre l’intérieur et l’extérieur. Les médias internationaux parlent de la Tunisie, cela donne envie de continuer et ainsi de suite…</p>
<p>La révolution tunisienne n’est pas une révolution Internet, c’est juste une révolution à l’heure de l’Internet…<strong><br />
</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Sélection d&#8217;articles et de billets sur le sujet</strong></span></p>
<p><strong>L’observatoire hebdomadaire du web politique #14 : Spécial Tunisie<br />
</strong>Sénat, 20.01.11.<strong><br />
</strong><a href="http://www.facebook.com/notes/senat/lobservatoire-hebdomadaire-du-web-politique-14-special-tunisie/160089327372367">http://www.facebook.com/notes/senat/lobservatoire-hebdomadaire-du-web-politique-14-special-tunisie/160089327372367</a> <strong></strong></p>
<p><strong></strong><strong>Comprendre la révolution tunisienne et l&#8217;impact du numérique </strong>/Antoine Dupin.<strong><br />
</strong>Antoine-dupin.com (blog), 16.01.11<strong>.<br />
</strong><a href="http://antoine-dupin.com/leblog/comprendre-la-revolution-tunisienne-et-limpact-du-numerique/">http://antoine-dupin.com/leblog/comprendre-la-revolution-tunisienne-et-limpact-du-numerique/</a> <strong></strong></p>
<p><strong></strong><strong>Ceci n&#8217;est ni une Wikileaks-révolution ni une Twitter-révolution</strong> /Fabrice Epelboin.<strong><br />
</strong>Readwriteweb.fr (blog), 16.01.11.<br />
<a href="http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/">http://fr.readwriteweb.com/2011/01/16/a-la-une/ceci-nest-ni-une-wikileaksrvolution-ni-une-twitterrvolution-sidibouzid/</a></p>
<p><strong>Le gouvernement tunisien passe à l&#8217;offensive </strong>/Fabrice Epelboin.<br />
Readwriteweb.fr (blog), 22.05.10.<br />
<a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/05/22/a-la-une/gouvernement-tunisien-passe-loffensive/">http://fr.readwriteweb.com/2010/05/22/a-la-une/gouvernement-tunisien-passe-loffensive/</a></p>
<p><strong>Revolution 2.0 : rebooting Tunisia </strong>/Fabrice Epelboin.<br />
Readwriteweb.com, 14.01.11.<br />
<a href="http://www.readwriteweb.com/archives/revolution_20_rebooting_tunisia.php">http://www.readwriteweb.com/archives/revolution_20_rebooting_tunisia.php</a></p>
<p><strong>Traditional Media Abandon Tunisia to Twitter, YouTube </strong>/Curt Hopkins.<br />
Readwriteweb.com (blog), 12.01.11.<br />
<a href="http://www.readwriteweb.com/archives/traditional_media_abandon_tunisia_to_twitter_youtu.php">http://www.readwriteweb.com/archives/traditional_media_abandon_tunisia_to_twitter_youtu.php</a></p>
<p><strong>Sidi Bouzid ou la révolte tunisienne organisée sur Facebook</strong> /Boris Manenti<strong><br />
</strong>Nouvelobs.com, 04.01.11.<br />
<a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/vu-sur-le-web/20110104.OBS5680/sidi-bouzid-ou-la-revolte-tunisienne-organisee-sur-facebook.html">http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/vu-sur-le-web/20110104.OBS5680/sidi-bouzid-ou-la-revolte-tunisienne-organisee-sur-facebook.html</a></p>
<p><strong>Tunisie : la révolution en tweetant<br />
</strong>Gizmodo.fr, 18.01.11.<strong><br />
</strong><a href="http://www.gizmodo.fr/2011/01/18/tunisie-la-revolution-en-tweetant.html">http://www.gizmodo.fr/2011/01/18/tunisie-la-revolution-en-tweetant.html</a> <strong></strong></p>
<p><strong>Internet, acteur de la Révolution de Jasmin en Tunisie </strong>/Audrey Duperron<strong><br />
</strong>Express.be, 16.01.11.<strong><br />
</strong><a href="http://www.express.be/business/fr/technology/internet-acteur-de-la-revolution-de-jasmin-en-tunisie/138896.htm">http://www.express.be/business/fr/technology/internet-acteur-de-la-revolution-de-jasmin-en-tunisie/138896.htm</a> <strong></strong></p>
<p><strong>What if Tunisia&#8217;s revolution ended up like Iran&#8217;s? </strong>/Evgeny Morozov<strong><br />
</strong>FP (Foreign Policy), 15.01.11.<strong><br />
</strong><a href="http://neteffect.foreignpolicy.com/posts/2011/01/14/what_if_tunisias_revolution_ended_up_like_irans">http://neteffect.foreignpolicy.com/posts/2011/01/14/what_if_tunisias_revolution_ended_up_like_irans</a> <strong></strong></p>
<p><strong>The First Twitter Revolution? </strong>/Ethan Zuckerman<strong><br />
</strong>FP (Foreign Policy), 14.01.11.<strong><br />
</strong><a href="http://www.foreignpolicy.com/articles/2011/01/14/the_first_twitter_revolution?page=0,0">http://www.foreignpolicy.com/articles/2011/01/14/the_first_twitter_revolution?page=0,0</a> <strong><br />
</strong><br />
<strong>Internet, Social Media Played Large Role in Tunisia’s Revolution /</strong>Warner Todd Huston<br />
Rightpundits.com, 16.01.11.<br />
<a href="http://www.rightpundits.com/?p=8087">http://www.rightpundits.com/?p=8087</a></p>
<p><strong>Tunisia: what was the real role of Internet in the Jasmine Revolution?</strong><br />
Information Policy, 18.01.11.<br />
<a href="http://www.i-policy.org/2011/01/tunisia-what-was-the-real-role-of-internet-in-the-jasmine-revolution.html">http://www.i-policy.org/2011/01/tunisia-what-was-the-real-role-of-internet-in-the-jasmine-revolution.html</a></p>
<p><strong>In Tunisia, Cyberwar Precedes Revolution </strong>/Jeffrey Carr<br />
Forbes, 15.01.11.<br />
<a href="http://blogs.forbes.com/jeffreycarr/2011/01/15/in-tunisia-cyberwar-precedes-revolution/">http://blogs.forbes.com/jeffreycarr/2011/01/15/in-tunisia-cyberwar-precedes-revolution/</a></p>
<p><strong>Tweeting Tyrants Out of Tunisia: Global Internet at Its </strong><strong>Best</strong> /Nate Anderson Ars Technica<br />
Wired, 14.01.11.<br />
<a href="http://www.wired.com/threatlevel/2011/01/tunisia/all/1">http://www.wired.com/threatlevel/2011/01/tunisia/all/1</a></p>
<p><strong>Tunisia: A revolution in less than 140 characters? </strong>/Edwin Okong&#8217;o<br />
The African Record, 15.01.11.<br />
<a href="http://africanrecord.com/tunisia-did-less-than-140-characters-really-force-a-tyrant-out-of-power/">http://africanrecord.com/tunisia-did-less-than-140-characters-really-force-a-tyrant-out-of-power/</a></p>
<p><strong>Quel impact d&#8217;Internet sur la révolution tunisienne ?</strong><br />
Slate.fr (blog), 15.01.11.<br />
<a href="http://www.slate.fr/lien/32789/impact-internet-revolution-tunisie">http://www.slate.fr/lien/32789/impact-internet-revolution-tunisie</a></p>
<p><strong>La génération Facebook plus forte que Ben Ali<br />
</strong>Slate.fr (blog), 04.01.11.<br />
<a href="http://www.slate.fr/story/32201/facebook-manifestations-ben-ali-sidi-bouzid-tunisie">http://www.slate.fr/story/32201/facebook-manifestations-ben-ali-sidi-bouzid-tunisie</a><strong></strong></p>
<p><strong></strong><strong>Tunisie : Anonymous contre Ammar, la bataille de la censure d&#8217;Internet </strong>/Amira Al Hussaini.<br />
Owni.fr (blog), 20.01.10.<br />
<a href="http://owni.fr/2011/01/06/tunisie-anonymous-contre-ammar-la-bataille-de-la-censure-dinternet/">http://owni.fr/2011/01/06/tunisie-anonymous-contre-ammar-la-bataille-de-la-censure-dinternet/</a></p>
<p><strong>Tunisie : &laquo;&nbsp;c&#8217;est la première révolution numérique&nbsp;&raquo; </strong>/Gil Lorfevre.<br />
Midilibre.com, 16.01.11.<br />
<a href="http://www.midilibre.com/articles/2011/01/16/MONTPELLIER-C-39-est-la-premiere-revolution-numerique-1509615.php5">http://www.midilibre.com/articles/2011/01/16/MONTPELLIER-C-39-est-la-premiere-revolution-numerique-1509615.php5</a></p>
<p><strong>Tunisie : soutenir les journalistes et la &laquo;&nbsp;révolution numérique&nbsp;&raquo; </strong>/Marc Capelle.<br />
Mediapart.fr (blog), 17.01.11.<br />
<a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/marc-capelle/170111/tunisie-soutenir-les-journalistes-et-la-revolution-numerique">http://www.mediapart.fr/club/blog/marc-capelle/170111/tunisie-soutenir-les-journalistes-et-la-revolution-numerique</a></p>
<p><strong>Comment le web 2.0 a fait vaciller Ben Ali</strong> <strong>/</strong>Xavier Biseul.<br />
01net.com, 19.01.11.<br />
<a href="http://pro.01net.com/pro.01net.com/editorial/527159/comment-le-web-2-0-a-fait-vaciller-ben-ali/">http://pro.01net.com//pro.01net.com//editorial/527159/comment-le-web-2-0-a-fait-vaciller-ben-ali/</a></p>
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		<title>Le web : prison ou cocon ?</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jan 2011 13:27:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Deshayes</dc:creator>
				<category><![CDATA[BONUS et Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Par leur approche fermée, les réseaux sociaux sont-ils devenus des systèmes d'enfermement consenti ou bien des cocons rassurants dans un monde quelque peu anxiogène ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi sur le web, si vaste (<em>&laquo;&nbsp;une immensité par définition non-traversable puisque impossible à cartographier parce qu&#8217;en perpétuel mouvement&nbsp;&raquo;</em>), a-t-on ce sentiment de proximité, de confort de navigation, de communauté, s’interroge Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l&#8217;information, Université de Nantes, dans une tribune publiée sur le site<strong> <a title="cocon" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/30/choisir-le-web-que-nous-voulons-l-exploration-ou-la-prison_1446539_3232.html">lemonde.fr le 30 novembre 2010</a></strong>.<br />
En reprenant la théorie de Laszlo Barabasi sur le diamètre du web définie comme la plus longue distance entre deux liens hypertextes, Ertzscheid rappelle que ce diamètre était de… 19 liens en 1999. Une proximité toute relative car la probabilité qu’un utilisateur atteigne une information entre le point de départ et le 19<sup>e</sup> lien demeure quasi-nulle du fait du nombre de liens possibles à chaque itération.<br />
La théorie des graphes tente, elle aussi, de mesurer le web et de démontrer une certaine petitesse de cet univers. Qu&#8217;en est-il si on l&#8217;applique aux réseaux sociaux ?<br />
Pour Ertzscheid, on sent bien que Facebook et autres Youtube fonctionnent sur un mode carcéral qui réduit le graphe : homogénéité des ressources qu&#8217;ils proposent, parcours extrêmement balisés et pré-déterminés qu&#8217;ils propagent et auto-alimentent. Ainsi pour lui &laquo;&nbsp;l&#8217;approche fermée, propriétaire, compartimentée, concurrentielle, épuisable de l&#8217;économie du lien hypertexte ne peut mener qu&#8217;à des systèmes de nature concentrationnaire. Des systèmes de l&#8217;enfermement consenti, en parfaite contradiction avec la vision des pères fondateurs du web pour qui le parcours, le &laquo;&nbsp;chemin&nbsp;&raquo;, importe au moins autant que le lien&nbsp;&raquo;. Bref, des intérêts marchands &#8211; auxquels fait écho un certain discours politique &#8211; auraient empoisonné le web, une autre manière de revenir sur la polémique de l’été 2010 lancée par Wired et son charismatique rédacteur en chef, Chris Anderson : le web est mort, long vie à Internet.</p>
<p>Un <strong><a title="doudou" href="http://www.psyetgeek.com/le-rseau-social-nouveau-doudou">billet posté le 18 décembre 2010</a></strong> par Yan Leroux sur le blog Psy et Geek nous emmène dans une autre direction pour expliquer le succès de ces espaces effectivement fermés que sont les réseaux sociaux. Intitulé <em>&laquo;&nbsp;le réseau social, nouveau doudou</em>&laquo;&nbsp;, il explique que l’environnement fermé est rassurant, ce qui dans un monde quelque peu anxiogène suffirait à expliquer un tel phénomène de société qui, rappelons-le, n’a été prévu par aucun futurologue patenté.</p>
<p>Extraits :<br />
<em><br />
Plus de 70% de personnes interrogées consultent leurs réseaux sociaux avant d’aller au lit et 18% twittent en pleine nuit.</em><em> </em><em> &laquo;&nbsp;Nous sommes devenus une nation d’internet-holiques</em>”. <em>Cette dépendance viendrait du fait que Facebook satisfaisait parfaitement les besoins primaires que sont le besoin d’affection et de bien- être, et ce 24/7.</em></p>
<p><em>…Beaucoup se vivent alors comme une bonne mère qui jette un coup d’œil à la chambrée des enfants turbulents avant de se coucher. Le calme qui se répand sur les réseaux sociaux au fur et à mesure que la nuit s’avance les rassure et les calme à leur tour. Certains résistent au sommeil pour être le dernier à s’endormir : c’est-à-dire lorsqu’ils sont sûrs que rien de fâcheux ne s’est produit. Le réseau social peut aussi être utilisé comme un consolateur ou un briseur de soucis.</em></p>
<p>Le réseau social est une communauté. On sait que la vertu première d’une communauté est de rassurer ses membres par l’attention, l’empathie et l’entraide mais aussi de garder à bonne distance les non membres. A cet effet, il est surprenant que l’arrivée de la fonctionnalité messagerie dans Facebook ainsi capable d’exclure les communications hors de la communauté (donc les spams) n’ait pas été davantage commentée. Une innovation de Facebook que très peu de monde avait prévu.</p>
<p>Il existe un certain nombre d’espaces fermés. La prison en est un, le cocon en est un autre. A l’heure de s’interroger sur la raison qui pousse tant de monde à s’enfermer volontairement dans un réseau social, l’espace du cocon semble une explication plus convaincante. Ce qui n’empêche pas que certains intérêts puissants &#8211; ayant mieux compris que d’autres les enjeux du numérique – essaient, voire réussissent, à s’approprier nos cocons préférés pour les transformer en prison.</p>
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